Différences ou écarts de salaire entre femmes/hommes au travail : quel constat en 2022 ?

Pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, votre employeur doit assurer l'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes de votre entreprise (1).

Or en France, les femmes gagnent moins que les hommes à travail égal. Ce pourcentage s'élève à 22 % tous postes confondus (2).

De telles inégalités de rémunérations existent dès le début de la carrière professionnelle. En 2020, tous temps de travail confondus, les jeunes femmes sorties de formation initiale depuis un à quatre ans perçoivent des salaires nets médians inférieurs de 6 % à ceux des hommes dans la même situation. Ces écarts sont plus marqués parmi les diplômés du supérieur long. En 2020, le salaire net médian des femmes est de 14 % plus faible que celui des hommes.

Par ailleurs, l'obligation de publier un index d'égalité professionnelle permet de suivre l'application des dispositifs mis en oeuvre par le Gouvernement pour atteindre cet objectif. Le taux de réponse est de 61 % en 2022 contre un taux de réponse de 54 % en 2020. Les entreprises veillent de plus en plus à présenter les résultats des études comparatives de salaire entre les femmes et les hommes. A ce propos, la moyenne de l'index est de 86/100 en 2022 contre 84/100 en 2020 (3).


📌  Le Gouvernement veille au respect des dispositions relatives à l 'égalité de rémunération. Depuis 2019, après 32 460 interventions, 32 pénalités financières ont été appliquées par l'inspection du travail.


Même si on est encore loin d'un équilibre parfait (car seulement 2% des entreprises ont la note maximale de 100), on remarque une petite évolution durant ces dernières années.


Vous ne savez pas où vous situez sur le marché du travail. Vous souhaitez savoir si vous êtes suffisamment rémunéré au regard de votre qualification, de votre formation et de votre expérience professionnelle ?

Inégalité de salaire femmes/hommes : pourquoi ?

Selon l'étude de l'Insee (institut national de la statistique et des études économiques) publiée en mars 2022, plus diplômées que les hommes, les femmes ne représentaient que 43 % des emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures en 2020. Cette part a cependant doublé depuis 1980.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes (2) :

  • le temps de travail : en 2020, parmi les actifs âgés de 25 à 49 ans, 25% des femmes actives occupent un poste à temps partiel, contre 6,1 % des hommes (3)  ;
Seules 6% des entreprises françaises versent des salaires égaux à leurs employés (4).
  • les interruptions de travail pour un congé de maternité ou un congé parental d'éducation : en 2020, ces écarts de salaire entre les femmes et les hommes se creusent notamment en fonction du nombre d'enfants. En effet, les femmes ayant un seul enfant âgé de 3 ans ou plus ont un taux d'activité de 83,9 % contre un taux d'activité de 91,2 % pour les hommes dans la même situation ;
  • le niveau hiérarchique toutes catégories professionnelles confondues pour l'année 2020, le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes de 16,1 %. Les écarts de rémunération les plus marqués se retrouvent chez les cadres en équivalent temps plein (les femmes sont payées 19,1 % de moins que les hommes) et chez les ouvriers (-14,6 %), puis dans les professions intermédiaires (-11,3 %) et chez les employés (-8,7 %).

Inégalités de salaires et discriminations : quel recours avez-vous ?

Votre employeur doit être en mesure de justifier la différence de rémunération par des raisons objectives et matériellement vérifiables (5).

📌 Exemples :

  • une expérience significative ;
  • une compétence particulière que d'autres salariés n'ont pas.

504 mises en demeuredepuis 2019

Lorsqu'il n'est pas en mesure de le faire, une différence de salaire entre des salariés effectuant un même travail ou un travail de valeur égale peut constituer une discrimination, notamment lorsqu'elle est fondée sur le sexe, la grossesse ou encore la maternité.

En effet, un employeur ne peut prendre en considération du sexe ou de la grossesse toute mesure, notamment en matière de rémunération, de formation, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle ou de mutation (6).

Si vous pensez être victime d'une inégalité salariale constitutive d'une discrimination, plusieurs actions s'offrent à vous :

  • vous rapprocher des membres du comité social et économique de votre entreprise (s'il en existe un dans l'entreprise) : vos élus pourront vous accompagner pour renégocier votre salaire auprès de votre employeur ;
  • contacter la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) pour faire constater une infraction en matière de discrimination ;
  • saisir le Conseil de prud'hommes : assurez-vous de disposer d'assez de preuves pour pouvoir démontrer que vous vous trouvez bien dans une situation identique ou similaire à celle de vos collègues, mais bénéficiez d'une rémunération moindre (7).

Vous souhaitez obtenir davantage d'informations sur l'égalité salariale en entreprise pour pouvoir vous défendre contre toute discrimination ?

🔧 Boîte à outils :

Références :
(1) Articles L3221-1 à L3221-7 du Code du travail
(2) Insee Références, Femmes et Hommes : une lente décrue des inégalités, Editions 2022
(3) Ministère du travail, Les résultats de l'Index de l'égalité professionnelle 2022
(4) Actualité du Gouvernement, Un index pour mettre fin aux inégalités salariales femmes/hommes, 1er mars 2019
(5) Cass. Soc. 6 juillet 2010, n°09-40021
(6) Article L1142-1 du Code du travail
(7) Cass. Soc, 4 avril 2018, n°16-27703