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En résumé :

✔️ Un salarié en CDI a droit à une indemnité de licenciement s'il a plus de 8 mois d'ancienneté et n'est pas licencié pour faute grave ou lourde.
✔️ Le calcul de l'indemnité légale de licenciement est :
- 1/4 de mois de salaire x le nombre d'années d'ancienneté jusqu'à 10 ans
- 1/3 de mois de salaire x le nombre d'années d'ancienneté après 10 ans.
✔️ Le montant de l'indemnité de licenciement pour motif économique est le même que celui d'un licenciement pour motif personnel.
✔️ En cas de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle, le salarié bénéficie, sous certaines conditions, d'une indemnité spéciale de licenciement au moins égale au double de l'indemnité légale de licenciement.
✔️ L'indemnité de licenciement bénéficie, sous certaines conditions et dans certaines limites, d'exonérations d'impôt sur le revenu, de cotisations sociales et de CSG/CRDS.

Indemnité légale de licenciement : à quelles conditions et comment calculer son montant ?

Conditions pour avoir droit à une indemnité de licenciement

8 mois minimumd'ancienneté ininterrompue

Si vous êtes titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et que vous êtes licencié, vous avez droit à une indemnité de licenciement si  (1) :

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Vous avez des questions sur l'indemnité légale de licenciement ?

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Calcul de l'indemnité de licenciement selon le salaire et l'ancienneté

Votre employeur doit vous verser, au minimum (2) :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à 10 ans ;
  • et 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années à partir de 10 ans.

👉 La date à prendre en compte pour le calcul de l'ancienneté est celle d'envoi de la lettre de licenciement (la notification).

Salaire de référence à prendre en compte pour le calcul

Le salaire de référence à prendre en compte pour effectuer le calcul est, selon la formule la plus avantageuse pour le salarié (3) :

  • soit la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant le licenciement ou, lorsque l'ancienneté est inférieure à 12 mois, la moyenne mensuelle de la rémunération sur l'ensemble des mois précédant le licenciement ;
  • soit le tiers des 3 derniers mois (primes et gratifications annuelles ou exceptionnelles comptabilisées proportionnellement).

📌Exemple de calcul de l'indemnité : vous avez 15 ans d'ancienneté et votre salaire de référence est de 1.500 euros par mois. Votre indemnité légale s'élève à 6.250 euros car [(1.500 euros x 1/4 de mois) x 10 ans] + [(1.500 euros x 1/3 de mois) x 5 années au-delà de 10 ans].

Bon à savoir : d'autres sommes peuvent vous être dues à la rupture du contrat, comme une indemnité compensatrice de préavis et une indemnité compensatrice de congés payés. Peut également s'ajouter, la contrepartie pécuniaire due par l'employeur, dans le cas où une clause de non-concurrence était présente dans votre contrat de travail.

Simulateur pour calculer votre indemnité ("prime") de licenciement 

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Quelle est l'indemnité de licenciement en cas de licenciement pour motif économique ?

Lorsque vous faites l'objet d'un licenciement pour motif économique, vous percevez l'indemnité de licenciement "classique", d'un montant équivalent à celle perçue pour un licenciement pour motif personnel.

Vous pouvez également prétendre à une indemnité compensatrice de préavis et, le cas échéant, à une indemnité compensatrice de congés payés.

Comment calculer le montant de votre indemnité de licenciement pour inaptitude ?

Le calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude est le même que celui pour l'indemnité de licenciement "classique" mais le montant de l'indemnité dépend de l'origine de votre inaptitude.

Pour rappel, le licenciement pour inaptitude est possible lorsque (4) :

  • vous avez refusé l'offre de reclassement proposée par votre employeur ;
  • votre employeur est dans l'impossibilité de vous proposer un autre emploi et ne peut pas procéder à votre reclassement ;
  • l'avis du médecin du travail mentionne expressément que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi.

Indemnité de licenciement pour inaptitude professionnelle

Si votre inaptitude est d'origine professionnelle, suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, vous percevrez une indemnité spéciale de licenciement dont le montant est au moins égal au double de l'indemnité de licenciement (5).

📌Exemple de calcul de l'indemnité : 

Vous êtes licencié pour inaptitude professionnelle, après 15 ans d'ancienneté. Votre salaire de référence s'élève à 1.500 euros.

Votre indemnité spéciale s'élève à 12.500 euros car [(1.500 x 1/4) x 10 + (1.500 x 1/3) x 5] x 2

À savoir : cette indemnité spéciale (x2) n'est cependant pas due lorsque vous avez refusé la proposition de reclassement qui vous a été faite et que ce refus est considéré comme abusif (6). Cependant, dans ce cas, vous bénéficiez tout de même de l'indemnité de licenciement "classique" (donc non doublée).

Indemnité de licenciement pour inaptitude non professionnelle

Si votre inaptitude n'a pas d'origine professionnelle, votre employeur doit vous indemniser à hauteur de l'indemnité légale (ou conventionnelle de licenciement si cette dernière est plus favorable).

📑 Cet article devrait vous intéresser : Comment calculer l'indemnité de licenciement en cas de maladie ?

Comment contester le montant de votre indemnité de licenciement ?

1. Vérifiez le montant de l'indemnité de licenciement que vous avez reçu

Vous pouvez vérifier si le calcul et le salaire de référence pris en compte par l'employeur sont corrects.

D'autre part, l'indemnité légale de licenciement étant un minimum, certains documents peuvent contenir des dispositions plus favorables :

  • la convention collective ou les accords collectifs applicables dans l'entreprise ;
  • le contrat de travail ;
  • les usages prévus par la profession ou la localité.

Le montant de l'indemnité de licenciement, prévu par ces documents, peut être plus élevé. Le cas échéant, c'est ce montant qui doit vous être appliqué.

Ces textes peuvent également prévoir que l'indemnité de licenciement est accordée sans condition d'ancienneté.

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Obtenez votre convention collective

Vous souhaitez savoir si votre convention collective (CCN) prévoit une indemnité de licenciement plus favorable ? 

2. Envoi d'une lettre recommandée à votre employeur pour contester l'indemnité

Si, après vérification, vous vous rendez compte que votre employeur ne vous a pas versé la somme qu'il vous devait au titre de l'indemnité de licenciement, vous pouvez lui envoyer, dans un premier temps, une lettre recommandée avec accusé de réception.

Il s'agit peut-être d'une simple erreur, indépendante de sa volonté.

Si votre courrier reste sans réponse, ou que la justification ne vous semble pas correcte, vous pouvez agir en justice.

3. Action en justice pour contester votre indemnité de licenciement

12 moispour agir en justice

Pour contester le montant de votre indemnité de licenciement, vous pouvez engager, contre l'employeur, une action en justice. Un accompagnement par un avocat peut être nécessaire pour mettre toutes les chances de votre côté.

📅 Attention, vous disposez d'un délai de 12 mois à compter de la notification de la rupture de votre contrat de travail  pour saisir le conseil de prud'hommes (7).

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Faites vous accompagner par un avocat

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L'indemnité de licenciement est-elle imposable ? Le régime fiscal et social de l'indemnité de licenciement

L'indemnité de licenciement & l'impôt sur le revenu

L'indemnité de licenciement (perçue en dehors du cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi) est exonérée de l'impôt sur le revenu dans une certaine limite.

Cette limite correspond au montant de l'indemnité légale de licenciement, ou l'indemnité prévue par votre convention collective.

Vous avez perçu une indemnité égale à l'indemnité légale

Ainsi, si percevez une indemnité de licenciement égale à l'indemnité "légale" de licenciement, elle est entièrement exonérée de l'impôt sur le revenu.

288.360 euroslimite d'exonération en 2026

Vous avez perçu une indemnité supra-légale

Toutefois, si vous percevez une indemnité plus importante que l'indemnité légale de licenciement, un autre plafond d'exonération s'applique. Le montant de l'exonération est alors limité à (8) :

  • soit 2 fois le montant de la rémunération brute que vous avez perçue au cours de l'année précédant votre licenciement ;
  • soit la moitié de l'indemnité de licenciement que vous avez perçue.

L'administration fiscale retient la solution qui vous est la plus favorable.

L'exonération est limitée à 6 fois le plafond annuel de Sécurité sociale (PASS), soit 288.360 euros en 2026 (ou 282.600 euros en 2025).

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Exemple :

L'année précédant votre licenciement, votre rémunération annuelle brute s'élevait à 55.000 euros.

Vous avez perçu une indemnité de licenciement s'élevant à hauteur de 150.000 euros, et votre convention collective prévoit une indemnité de licenciement de 90.000 euros.
L'indemnité de licenciement sera donc exonérée à hauteur du montant prévu par la convention collective, donc 90.000 euros.

Vous devez alors déterminer le montant des sommes suivantes, et garder la somme la plus élevée entre les deux :
- soit deux fois la rémunération annuelle brute perçue au cours de l'année précédant votre licenciement,
- soit : 55.000 x 2 = 110.000 euros ;
soit la moitié de l'indemnité de licenciement que vous avez perçue : 150.000/2 = 75.000 euros.

La somme à prendre en compte sera celle de 110.000 euros. Cette somme sera exonérée de l'impôt sur le revenu.

Le calcul se décompose comme suit : 150.000 - 110.000 = 40.000 euros.

Pour conclure : l'indemnité de licenciement que vous avez perçue sera exonérée de l'impôt sur le revenu à hauteur de 110.000 euros, et la somme restante de 40.000 euros sera soumise à l'impôt sur le revenu.

L'indemnité de licenciement & les cotisations sociales 

Après avoir déterminé la part de l'indemnité de licenciement qui sera exonérée de l'impôt sur le revenu, vous pourrez déterminer si cette dernière est soumise ou non à cotisations sociales.

Ainsi, l'indemnité de licenciement, pour sa fraction exonérée d'impôt sur le revenu, est également exonérée de cotisations sociales dans une certaine limite (9).

Cette limite correspond à deux fois le montant du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass), soit 96.120 euros pour l'année 2026.

Si vous percevez une indemnité de licenciement supérieure à son montant légal ou conventionnel, cette dernière est exonérée de cotisations sociales à hauteur du plus faible montant entre :

  • soit le montant exonéré d'impôt sur le revenu ;
  • soit deux fois le montant du Pass soit 96.120 euros pour l'année 2026.
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Exemple :

Vous avez perçu une indemnité de licenciement d'élevant à hauteur de 150.000 euros.

L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur de 110.000 euros.

L'indemnité de licenciement sera exonérée de cotisations sociales dans la limite de 96.120 euros (en 2026).

Le calcul de la part soumise à cotisation sociale se décompose donc comme suit : 110.000 - 96.120 = 13.880 euros.

Pour conclure : la fraction de l'indemnité soumise à cotisations sociales s'élève à hauteur de 13.880 euros.

💡 Si votre indemnité de licenciement dépasse le montant de 480.600 euros (montant en 2026), soit 10 fois le montant du Pass, aucune exonération n'est applicable et donc elle est entièrement soumise à cotisations sociales.

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L'indemnité de licenciement & la CSG / CRDS

Il reste à déterminer si l'indemnité de licenciement est assujettie ou non à la CSG (contribution sociale généralisée) et à la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale).

L'indemnité de licenciement est exclue de l'assiette de la CSG/CRDS, indépendamment de son assujettissement à l'impôt sur le revenu, dans la limite du plus petit des montants suivants (10) :

  • soit le montant correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement ;
  • soit le montant exonéré de cotisations sociales.

Par ailleurs, la limite de la fraction exonérée de CSG et CRDS est encore une fois de deux fois le montant du Pass (96.120 euros en 2026). 

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Exemple :

Vous avez perçu une indemnité de licenciement s'élevant à 150.000 euros.

L'indemnité de licenciement prévue par votre convention collective s'élève à 90.000 euros.


La part exonérée de cotisations s'élève à 96.120 euros (en 2026) (voir partie précédente).

L'indemnité conventionnelle de licenciement s'élève à 90.000 euros. Le montant le moins élevé est donc 90.000 euros.


La partie de l'indemnité exonérée de la CSG et de la CRDS sera donc de 90.000 euros.

Il faut donc faire le calcul suivant pour déterminer la part soumise à la CSG/CRDS : 150.000 - 90.000 = 60.000 euros.

Pour conclure : l'indemnité de licenciement sera soumise à la CSG et la CRDS à hauteur de 60.000 euros.

💡 Si votre indemnité de licenciement dépasse le montant de 480.600 euros (montant en 2026), soit 10 fois le montant du Pass, aucune exonération n'est applicable et donc elle est entièrement soumise à la CSG et à la CRDS.

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Références :
(1) Article L1234-9 du Code du travail
(2) Article R1234-2 du Code du travail
(3) Article R1234-4 du Code du travail
(4) Articles L1226-2-1 et L1226-12 du Code du travail
(5) Article L1226-14 du Code du travail
(6) Article L1226-14 du Code du travail et Cass. Soc. 25 mai 2011, n°09-71543
(7) Article L1471-1 du Code du travail
(8) Article 80 duodecies du Code général des impôts
(9) Article L242-1, II, 7° du Code de la Sécurité sociale
(10) Article L136-1-1, III, 5° a) du Code de la Sécurité sociale