* Au 1er trimestre 2026, la Dares a recensé 414 700 démissions de CDI en France métropolitaine (secteur privé hors agriculture, intérim et particuliers employeurs), soit une stabilité par rapport au trimestre précédent.
Combien de temps dure le préavis de démission d'un CDI ?
La durée du préavis de démission
👉 En cas de démission d'un contrat à durée indéterminée (CDI), l'existence et la durée du préavis sont fixées (1) :
- par le Code du travail, uniquement pour certaines professions ;
- par la convention collective applicable à l'entreprise ;
- par accord collectif de travail ;
- à défaut, par les usages pratiqués dans la localité et dans la profession (2).
Exemple : la Convention collective nationale Syntec-Cinov prévoit une durée de préavis en fonction de l'ancienneté du salarié et du poste (cadre, agent de maîtrise).
La durée prévue par le contrat de travail, le cas échéant, ne s'applique que si la durée qu'il mentionne est plus courte que celle prévue par le texte l'instituant (convention ou accord collectif). Il convient de faire application du principe de faveur, c'est-à-dire d'appliquer la règle la plus favorable au salarié. Ce "principe de faveur" ne s'applique pas en cas de concours entre la convention collective et l'usage d'entreprise, celle-ci primant sur l'usage
💡Bon à savoir : si vous êtes à temps partiel, la durée de préavis est la même que si vous travailliez à temps plein.
Le préavis doit être respecté tant par le salarié que par son employeur, mais il est possible de négocier sa durée.
Le point de départ : quand commence le préavis de démission ?
Le préavis débute dès lors que l'employeur a connaissance de la démission du salarié en CDI, soit à la date de la notification (3).
En pratique, il s'agit :
- soit de la date de la 1re présentation de la lettre de démission ;
- soit du jour de sa remise en mains propres contre décharge ;
- soit du jour de l'annonce à l'employeur, si la démission est notifiée à l'oral.
Sauf précision contraire dans le document qui prévoit le préavis, sa durée se calcule de date à date, sans tenir compte du nombre de jours du mois.
Peut-on démissionner sans préavis ou en bénéficiant d'un préavis réduit ?
Oui, dans certains cas.
Il existe trois possibilités de voir votre préavis réduit ou supprimé :
- votre situation entre dans un des cas de dispense prévus par la loi ;
- vous demandez la réduction ou la dispense de préavis à votre employeur qui l'accepte ;
- votre employeur prend l'initiative de réduire ou de vous dispenser de préavis.
1. Les cas de dispense de préavis prévus par le Code du travail
Dans certaines situations exhaustivement prévues par la loi, le contrat de travail peut prendre fin à la date de notification de la démission, sans que le salarié n'ait à respecter l'exécution d'un préavis, dans certaines situations.
✅ Il s'agit notamment des situations suivantes :
- vous êtes une salariée enceinte, et votre grossesse a été médicalement constatée (4) ;
- vous rompez votre contrat pour élever un enfant, à la fin de votre congé de maternité ou d'adoption ou, le cas échéant, 2 mois après la naissance ou l'arrivée au foyer de l'enfant, sous conditions (5) ;
- vous êtes journaliste professionnel et vous entendez faire jouer la clause de conscience. Cette clause peut être mise en œuvre en cas de changement notable dans le caractère ou l'orientation du journal ou périodique, si ce changement crée, pour le salarié, une situation de nature à porter atteinte à son honneur, à sa réputation ou, d'une manière générale, à ses intérêts moraux (6) ;
- vous rompez votre contrat pendant un congé pour création ou reprise d'entreprise , sous conditions (7).
Dans les cas suscités, vous pouvez (sous conditions, le cas échéant) quitter l'entreprise sans avoir ni à effectuer de préavis, ni à indemniser l'employeur.
2. La dispense ou la réduction de préavis demandée par le salarié
Vous pouvez demander à votre employeur de réduire ou de vous dispenser de préavis. Cette demande peut être matérialisée dans votre lettre de démission , ou séparément.
L'employeur n'est pas obligé d'accéder à votre demande.
Refus de l'employeur : le contrat se poursuit
Si l'employeur refuse de vous dispenser ou de réduire votre préavis :
- vous devez continuer à travailler pendant toute la durée du préavis ;
- si vous quittez l'entreprise avant le terme du préavis nonobstant son refus, vous pouvez être tenu de lui verser une indemnité compensatrice de préavis, sauf si des dispositions conventionnelles plus favorables existent (8).
📍Attention ! Si le non-respect du préavis caractérise un abus manifeste de votre part ou une intention de nuire à l'entreprise, l'employeur peut aussi saisir le conseil de prud'hommes d'une demande de dommages-intérêts.
Accord de l'employeur : fin du contrat et pas d'indemnité compensatrice de préavis
Si l'employeur accède à votre demande, le contrat de travail prend fin immédiatement ou à la date qu'il a décidée.
Dans ce cas :
- il n'a pas à vous rémunérer la période de préavis non travaillée ;
- et vous ne percevez pas non plus l'indemnité compensatrice de préavis (9).
👉À noter : il n'y a ni formalisme, ni procédure requise, mais pour des raisons probatoires et pour éviter que votre employeur ne vous demande de compenser financièrement votre absence, il est recommandé d'obtenir son accord écrit clair et non équivoque .
3. La dispense ou la réduction du délai de préavis à l'initiative de l'employeur
L'employeur, lui, peut décider unilatéralement de mettre un terme anticipé à votre contrat en vous dispensant d'effectuer le préavis ou en réduisant sa durée.
Dans ce cas :
- vous n'avez plus à aller travailler et votre contrat prend fin dès la date choisie par l'employeur ;
- ce dernier doit vous verser une indemnité compensatrice de préavis, d'un montant égal à la rémunération et aux avantages que vous auriez touchés si vous aviez exécuté intégralement le préavis (10).
Que risque le salarié en cas de démission du CDI sans respect de son préavis ?
La rupture du contrat de travail, sans respect du préavis (sauf dispense), peut rendre le salarié redevable d'une indemnité compensatrice de préavis à l'employeur (11).
L’indemnité à verser a un caractère forfaitaire : elle est égale aux salaires et avantages qu’aurait perçus le salarié s’il avait travaillé pendant cette période.
En outre, lorsqu'elle est abusive, la rupture d'un CDI à l'initiative du salarié ouvre droit à des dommages et intérêts pour l'employeur (12).
Préavis de démission et congés payés : une alternative à la dispense de préavis ?
Congés payés accordés avant la notification de la démission
Si vos congés payés ont été validés par l'employeur avant la notification de votre démission, ils reportent le préavis, sauf accord contraire avec l'employeur (à matérialiser, là aussi, par écrit).
Votre préavis est ainsi suspendu pendant la durée de vos congés. À votre retour dans l'entreprise, le préavis est prolongé d'une durée équivalente au nombre de jours de congés payés que vous avez pris.
Si l'entreprise ferme pendant le préavis, celui-ci n'est pas reporté.
Congés payés accordés après la notification de la démission
Vous pouvez demander à l'employeur de prendre des congés payés pendant votre préavis : avec son accord, cette option ne réduit ni ne vous dispense de préavis mais vous permet de ne pas vous rendre au travail, tout en étant payé et en respectant votre obligation d'exécution de préavis.
À noter : si vous notifiez votre démission pendant vos congés payés, votre préavis ne commence à courir qu'à votre retour.
Si l'employeur refuse que vous preniez des congés, vous devez continuer à travailler. Vos congés restants, non pris, ne sont pas perdus : l'employeur devra vous verser, au terme du contrat, une indemnité compensatrice de congés payés.
📑 Pour en savoir plus, consultez notre article dédié : Solde de tout compte : tout ce qu'il faut savoir !
(1) Articles L7313-9 et L7112-2 du Code du travail
(2) Article L1237-1 du Code du travail
(3) Cass. Soc., 5 décembre 1974, n°73-40376
(4) Article L1225-34 du Code du travail
(5) Article L1225-66 du Code du travail
(6) Article L7112-5 du Code du travail
(7) Article D3142-67 du Code du travail
(8) Cass. Soc., 2 juillet 1985, n°83-42059
(9) Cass. Soc., 25 septembre 2013, n°11-20948
(10) Article L1234-5 du Code du travail
(11) Cass. Soc., 16 novembre 2004, n°02-46135
(12) Article L1237-2 du Code du travail





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