Création/reprise d'entreprise : quel(le)s sont les financements ou aides financières auxquelles vous pouvez prétendre ?
Le crédit/prêt bancaire professionnel, mode de financement classique
L'emprunt bancaire constitue le levier le plus connu pour rembourser les frais de création de votre entreprise, mais aussi, et surtout, pour financer votre projet sur le long terme.
Dans la majorité des cas, un prêt bancaire peut couvrir jusqu'à 70 % du prix d'achat d'une entreprise.
Les banques peuvent se montrer prudentes à financer de nouvelles entreprise. Certains éléments peuvent toutefois les encourager à vous aider, parmi lesquels :
- disposer d'un apport minimum, représentant environ 30 à 50 % des besoins financiers de votre future structure ;
- présenter un business plan dont la crédibilité est attestée par les justificatifs adéquats (devis, engagement de commandes de futurs contractants, chiffre d'affaires d'une société déjà créée, prévisionnel financier global, etc.). L'aide d'un professionnel qualifié peut représenter un atout de taille ;
- diversifier les sources/formes de financement (accord de principe d'autres organismes de financement, par exemple), afin de diminuer le risque d'impayé qui pèse sur la banque ;
- justifier de garanties de remboursement du prêt (comme le cautionnement de la dette par le chef d'entreprise).
Le remboursement de l'emprunt bancaire est étalé sur une durée qui varie généralement entre 5 et 7 ans.
Attention : les modalités d'emprunt sont différentes selon les banques. Prenez le temps de faire vos recherches et de comparer les différents taux d'intérêts, frais de dossier, durées de remboursement ou modes de garantie d'emprunt demandés.
Le prêt d'honneur
Le prêt d'honneur est un prêt accordé à un créateur d'entreprise, sans garantie ni cautionnement personnel, généralement à taux zéro, que celui-ci s'engage à rembourser sur son honneur.
Il peut être accordé à tout type d'entrepreneur, mais ne concerne pas les associations, fondations et sociétés civiles immobilières (SCI).
Le montant du prêt d'honneur dépend du réseau qui l'octroie (Initiative France, Réseau Entreprendre ou encore l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie)). En pratique, il va de 1.000 euros à 90.000 euros, et son remboursement s'étale sur une durée allant de 1 à 7 ans.
💡 L'obtention de ce type de prêt permet de crédibiliser votre projet aux yeux des banques, pusiqu'il atteste de la confiance que place en vous le réseau professionnel qui vous l'a accordé.
Attention : le prêt d'honneur vous est accordé à vous personnellement, et non à l'entreprise créée/reprise.
Le microcrédit professionnel
Le dispositif de microcrédit professionnel est une solution de financement dont peuvent bénéficier les créateurs ou repreneurs d'entreprises qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique en raison de leur situation de précarité ou de la faiblesse de leurs revenus.
Généralement, ce type de prêts contribue au financement de projets d'insertion. Ils sont accordés à des personnes physiques confrontées à des difficultés de financement, qui bénéficient d'un accompagnement social (1).
Le plus souvent, ils sont accordés dans une perspective d'accès, de maintien ou de retour à un emploi, et ils peuvent être proposés par des acteurs associatifs comme l'Adie ou Réseau entreprendre.
Depuis le 6 décembre 2024, le montant maximal d'un prêt d'honneur a été réhaussé (2). Pour en savoir plus, consultez notre dossier spécial !
Le financement participatif ("crowdfunding")
Le financement participatif (ou "crowdfunding") consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté publique qui souhaite soutenir votre projet.
En pratique, le crowdfunding induit l'intervention de plateformes qui permettent aux entrepreneurs d'exposer leur projet à de tierces personnes susceptibles de verser de l'argent pour les aider.
Le financement participatif peut prendre 3 formes :
- les dons, auquel cas le financeur verse une somme d'argent au porteur de projet, sans contrepartie. Ce dernier peut toutefois prévoir, de manière facultative, des contreparties sous forme de cadeaux ;
- les prêts, avec ou sans intérêt, et sans caution, pour financer les besoins que les banques refusent de couvrir ;
- la souscription de titres sociaux, situation dans laquelle le financeur consent un apport à la société en échange de l'attribution de parts/d'actions de son capital social. Il deviendra donc associé ou actionnaire de la société.
Le recours au crowdfunding constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobiliser des fonds de manière traditionnelle (comme un prêt bancaire).
Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.
L'appel à des investisseurs externes
Les business angels
Un business angel ("investisseur providentiel" en français) est une personne physique qui soutient la création et le développement nouvelles entreprises.
Il s'agit en général de cadres d’entreprise ou d’anciens entrepreneurs qui souhaitent faire profiter de jeunes entrepreneurs de leur expérience, voire de leur capacité d'investissement s'ils trouvent le projet particulièrement prometteur.
Le soutien d'un business angel peut vous apporter plusieurs choses :
- un apport financier direct, allant de 300.000 à 500.000 euros ;
- un carnet d'adresses conséquent (clients, fournisseurs, etc.) ;
- une expérience professionnelle, via l'apport de compétences et l'octroi de conseils de la part de votre investisseur.
Cette solution de financement s'adresse notamment aux jeunes entreprises innovantes à forte valeur ajoutée, qui investissent dans la recherche et le développement (R&D).
Les fonds de capital-risque
Avoir recours à des fonds de capital-risque, c'est consentir à une prise de participation au capital de votre société (généralement minoritaire) d'un ou plusieurs actionnaires professionnels, organisés sous forme de sociétés.
L'objectif de cces investisseurs est de participer financièrement au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance, et de réaliser une forte plus-value lors de la cession de leurs titres sociaux, après une durée moyenne de conservation allant de 3 à 7 ans.
Le montant qu'ils investissent dépend des besoins de l'entreprise, mais surtout de l'intérêt qu'ils lui portent en prévision de leur retour sur investissement. L'apport peut aller de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d'euros.
Le prêt interentreprises
Certaines sociétés commerciales peuvent consentir des prêts à des microentreprises, des petites et moyennes entreprises (PME) ou à des entreprises de taille intermédiaire (ETI) avec lesquelles elles entretiennent un lien économique particulier (fournisseur, sous-traitant, etc.) (3).
L'octroi de ce type de prêts ne peut être accordé que si certaines conditions sont réunies. Le montant du prêt accordé par l'entreprise prêteuse ainsi que le montant global des prêts qu'une entreprise emprunteuse peut obtenir sont par ailleurs plafonnés. Retrouvez tous les détails dans notre dossier spécial !
Les prix de concours
Certaines associations, fondations, écoles ou organisations d'entrepreneurs proposent aux créateurs ou repreneurs d'entreprises la participation à des concours.
Ceux-ci s'adressent parfois à des publics particuliers (femmes entrepreneurs, personnes en situation de handicap, jeunes, etc.) ou visent des secteurs d'activité spécifiques (économie verte, sociale et solidaire, etc.).
Le but est de permettre au public visé de percevoir des dotations financières et d'acquérir une certaines notoriété auprès des investisseurs. Pour obtenir des exemples, consultez notre dossier !
L'aide/accompagnement de vos proches ("love money")
Vous pouvez obtenir de vos proches l'octroi de certaines sommes d'argent pour vous permettre de réaliser votre projet entrepreunarial : c'est ce qu'on appelle, dans le jargon courant, la "love money" ("argent du coeur" en français).
Quels sont les 3 modes de financement possibles avec de la "love money" ?
En pratique, vos proches peuvent vous aider de différentes manières :
- un don d'argent, qui peut être effectué par tout moyen (chèque, virement, mandat ou remise d'espèces) ;
- un prêt d'argent qui, s'il dépasse 1.500 euros, doit faire l'objet d'un écrit (4) ;
- un souscription au capital de votre société, qui font de vos proches des associés ou actionnaires pouvant prétendre à une partie de son résultat social.
Comment obtenir une aide financière publique (aides régionales ou d'Etat) pour concrétiser votre projet professionnel ?
L'Etat et les collectivités locales ont mis en place plusieurs dispositifs visant à encourager l'entrepreneuriat, qui sont mobilisables au début de la vie de l'entreprise.
Le montant ainsi que les modalités pour les obtenir dépendent de divers paramètres, parmi lesquels le lieu de domiciliation de l'entreprise et la politique d'aménagement du territoire mise en oeuvre dans la zone dans laquelle elle est implantée.
Les financements publics peuvent prendre la forme :
- de subventions ;
- d'aides particulières, comme l'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (ACRE), qui se matérialise par une exonération de cotisations sociales ponctuelle ;
- de dispositifs fiscaux de faveurs, à l'image des dispositifs d'exonération d'impôt sur les bénéfices qui existent dans certaines zones, comme le dispositif France Ruralités revitalisation (FRR).
(1) Article R518-61 du Code monétaire et financier
(2) Décret n°2024-1123 du 4 décembre 2024 relevant le plafond d'emprunt applicable au microcrédit professionnel
(3) Article L511-6 du Code monétaire et financier
(4) Article 1359 du Code civil et Décret n°80-533 du 15 juillet 1980 pris pour l'application de l'article 1341 du Code civil






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