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Bon à savoir :

La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a suspendu la réforme des retraites de 2023. Les mesures sont désormais actives, par exemple : âge légal figé à 62 ans 9 mois jusqu'en 2027, et impacts sur carrières longues dès septembre 2026.

Pour en savoir plus, consultez notre actualité dédiée : PLFSS 2026 - projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : les principales mesures

Actualité : quelles nouveautés pour le dispositif de retraite progressive en 2026 ?

La loi portant transposition des ANI (accords nationaux interprofessionnels) en faveur de l'emploi des salariés seniors, publiée au Journal officiel du 25 octobre 2025, contient certaines dispositions particulières relatives au dispositif de retraite progressive.

1. Qu'est-ce que la retraite anticipée ? Qui peut en bénéficier ?

Les dispositifs de retraite anticipée ont vocation à permettre à certains salariés de cesser leur activité professionnelle pour bénéficier d'une retraite à taux plein avant l'âge légal de départ à la retraite

Actuellement, un salarié peut faire une demande de retraite anticipée pour partir à la retraite avant l'âge légal pour les motifs suivants :

  • carrière longue ;
  • handicap lourd ;
  • incapacité permanente d'origine professionnelle (maladie professionnelle ou accident de travail) ;
  • inaptitude au travail ou invalidité.

Toutefois, le salarié doit justifier de certaines conditions qui varient selon le motif de départ en retraite anticipée.

🔍 À lire : Réforme des retraites de 2023 en France : que dit la loi en 2025 ?

2. En tant qu'employeur, pouvez-vous vous opposer au départ en retraite anticipée du salarié ?

Non, l'employeur ne peut pas s'opposer au départ en retraite d'un salarié qui bénéficie, toutes conditions remplies et démarches effectuées, d'un dispositif de retraite anticipée.

3. La demande de retraite anticipée doit-elle être faite par l'employeur ? 

Non, ce n'est pas l'employeur qui doit effectuer les démarches ; la demande de retraite anticipée doit être à l'initiative du salarié.

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Lettre accusant réception de la demande de départ à la retraite du salarié

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4. Retraite anticipée pour carrière longue : trimestres, conditions, impact de la réforme

Un salarié peut prendre sa retraite anticipée suivant plusieurs conditions cumulatives (1) :

  • il a commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans ;
  • il a validé et cotisé un nombre minimum de trimestres (tous régimes de base obligatoires confondus).

Généralement, le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet aux salariés de partir à la retraite à l'âge de 60 ans, voire avant pour certains.

📃 Quel impact a eu la réforme des retraites de 2023 sur la retraite anticipée pour carrière longue ?

La réforme des retraites adoptée en 2023 a étendu le dispositif carrière longue à ceux ayant commencé à travailler entre 20 et 21 ans, et prévu en conséquence que :  

  • ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans peuvent partir à la retraite à 58 ans ;
  • ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans peuvent partir à la retraite à 60 ans ;
  • etc.

📑 Pour en savoir plus, reportez-vous au dossier sur le départ anticipé d'un salarié.

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Départ en retraite / mise en retraite des salariés : les obligations de l'employeur

Vous devez gérer le départ volontaire ou la mise à la retraite de l'un de vos salariés, et vous ne savez pas par où commencer ? Faites un point sur vos obligations et les formalités à effectuer avec notre guide.

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5. Retraite anticipée pour handicap lourd : principe et conditions

Le salarié présentant un handicap peut également demander à bénéficier d'un dispositif de retraite anticipée à taux plein, au plus tôt à 55 ans (1), s'il remplit les conditions cumulatives suivantes :

  • réunir un certain nombre de trimestres d'assurance dont un nombre minimum de trimestres cotisés (la durée d'assurance totale et la durée cotisée requises varient en fonction de la date de naissance du salarié) ;
  • avoir un handicap considéré comme "lourd", ce qui couvre notamment l'hypothèse dans laquelle le salarié justifie d'un taux d'incapacité permanente de 50 % pendant toute la durée d'assurance et de cotisation requises. 

6. Retraite anticipée pour "pénibilité" ou incapacité permanente d'origine professionnelle : principe et conditions 

Si votre salarié est atteint d'une incapacité physique permanente (IPP) d'au moins 10 % à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, il peut demander à partir en retraite anticipée pour incapacité permanente, dite aussi "retraite anticipée pour pénibilité" (2).

Les conditions pour bénéficier d'une retraite anticipée à 60 ans varient selon le taux d'incapacité du salarié.

💡 Bon à savoir : depuis le 1er septembre 2023, les bénéficiaires d'une rente accident du travail-maladie professionnelle (AT-MP) susceptibles de bénéficier d'un départ anticipé pour incapacité permanente font l'objet d'une information particulière de la part de l'Administration durant l'année de leurs 59 ans (3). Le but de cette information est de favoriser le recours au dispositif de retraite anticipée pour incapacité permanente. 

7. Retraite anticipée pour inaptitude/invalidité : conditions et mise en place

Depuis le 1er septembre 2023, l'assuré reconnu inapte au travail peut prétendre au bénéfice d'un dispositif de retraite anticipée (4), dès lors que les conditions cumulatives suivantes sont remplies : 

  • il n'est pas en mesure de poursuivre l'exercice de son emploi sans nuire gravement à sa santé ;
  • il se trouve définitivement atteint d'une incapacité de travail médicalement constatée, compte tenu de ses aptitudes physiques et mentales à l'exercice d'une activité professionnelle, d'au moins 50 %.

📃  Réforme des retraites et inaptitude

Le dispositif de départ anticipé à la retraite pour inaptitude a été créé par la réforme des retraites de 2023, en prévoyant que le salarié inapte âgé de 62 ans peut partir à la retraite de manière anticipée, sans attendre d'avoir atteint 64 ans (à terme, nouvel âge légal de départ en retraite).

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8. Qui paye la retraite anticipée du salarié ? Quel peut être son montant ?

Lorsque le salarié prend sa retraite anticipée, c'est sa caisse d'assurance vieillesse qui lui verse sa pension. Dès lors que le salarié satisfait aux conditions exigées, la pension de retraite est liquidée à taux plein.

Le montant de la pension retraite est propre à chaque salarié et varie en fonction de plusieurs paramètres, notamment :

  • l'âge auquel le salarié a commencé à travailler ;
  • l'âge auquel il prend sa retraite anticipée ;
  • la durée d'assurance et/ou le nombre de trimestres cotisés ;
  • le montant des salaires sur lesquels il a cotisé.

9. L'employeur doit-il verser une indemnité de départ à la retraite à son salarié ?

En cas de départ volontaire à la retraite d'un salarié ou dans le cadre d'une retraite anticipée, celui-ci peut, sous conditions, bénéficier d'une indemnité légale de départ à la retraite, aussi couramment appelée "prime de départ à la retraite"(5).

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10. Le salarié qui prend sa retraite anticipée doit-il effectuer un préavis de départ ?

Oui, le salarié qui envisage de partir en retraite est en principe tenu d'effectuer un préavis (6).

Sa durée est la même que celle applicable en cas de licenciement et dépend de l'ancienneté du salarié. 

Références :

(1) Articles L351-1-1 et s. et D351-1-1 et s. du Code de la sécurité sociale
(2) Articles L351-1-4D351-1-9 et D351-1-10 du Code de la sécurité sociale
(3) Article D434-3-1 du Code de la sécurité sociale
(4) Articles L351-7, L351-8L351-1-5 et R351-27 du Code de la sécurité sociale
(5) Articles L1237-9 et D1237-1 du Code du travail
(6) Article L1237-10 du Code du travail