Qu’est-ce que le visa vacances-travail dans le cadre du programme Vacances-Travail (PVT) ?

Objectifs du programme Vacances Travail : voyager en travaillant

Le visa "Vacances-Travail" (programme VT) est un titre de séjour à des fins touristiques, qui permet aux personnes de 18 à 30 ans - ou 35 ans, en fonction des nationalités, de :

  • visiter la France ;
  • tout en ayant la possibilité d’y travailler, afin de disposer de ressources financières. En pratique, le ressortissant étranger titulaire du visa a la possibilité de travailler de manière à s'assumer financièrement pendant son séjour.

🔍  À lire si vous souhaitez embaucher un jeune, d'origine étrangère : Embaucher un étudiant étranger en CDI : alternance, stage, autorisation 

Visa travail France : différences avec un visa touristique ou un visa professionnel

Le visa VT ("Vacances-Travail) est un visa de long séjour portant la mention "vacances-travail". Il est prévu par des accords bilatéraux conclus avec la France.

La différence majeure avec les titres de séjour classiques permettant de voyager ou de travailler en France, est que le VVT permet de détenir un permis de travail, c'est-à-dire de travailler sans obtention préalable d'une autorisation de travail.

💡 Bon à savoir contrairement au visa "salarié" qui ne permet d'exercer que l'activité salariée pour laquelle une autorisation de travail a été obtenue, le VVT ne limite pas l'embauche de "VVTistes" à des professions particulières.

Titre de séjour Exercice d'une activité salariée Autorisation de travail Durée maximale du séjour
Visa "Vacances-Travail" Possible Non requise 1 an
Visa touristique Ne permet pas de travailler en France 3 mois
 Visa "salarié" (VLS-TS) ou "travailleur temporaire" Oui Obligatoire (seule l'activité salariée pour laquelle une autorisation de travail a été obtenue) 1 an

Employeurs : recruter un travailleur en visa vacances-travail

Une embauche sans autorisation de travail

Si, sauf exceptions, vous devez, lorsque vous souhaitez embaucher en France un salarié étranger non européen, obtenir préalablement une autorisation de travail (1), ce n'est pas le cas pour l'embauche d'un salarié en VVT .

📌 Les ressortissants étrangers titulaires d'un visa "Vacances-Travail" délivré par les autorités françaises, étant, dès leur entrée sur le territoire français, autorisés à obtenir et occuper un emploi conformément aux dispositions de l'accord conclu, aucune autorisation de travail n'est requise. 

Attention ! En votre qualité d'employeur qui envisage d'embaucher un travailleur dans le cadre de ce programme, il vous incombe de vérifier que le candidat est bien titulaire du visa "VT" l'autorisant à travailler.

📑 À lire aussi : Embauche d'un salarié étranger : loi, démarches, type de contrat et sanctions

Dispense du paiement de la taxe DGFiP

En principe, tout employeur qui embauche un salarié étranger doit payer une taxe recouvrée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), s'il s'agit de sa première admission au séjour en France, au titre de l'exercice d'une activité professionnelle salariée (📂 pour plus de détails sur la taxe (montants, employeurs exonérés, etc.), vous pouvez vous reporter au dossier sur l'embauche d'un salarié étranger) (2).

💡Bon à savoir : le fait générateur de la taxe étant constitué par le visa du contrat de travail délivré par l'autorité administrative ou l'obtention de l'autorisation de travail, vous êtes exonéré du paiement de la taxe lorsque vous embauchez un salarié dans le cadre du programme VVT.

🔍 Pour en savoir plus sur la taxe Ofii, consultez notre actualité Taxe DGFiP (anciennement taxe Ofii) : montants et modalités de paiement

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Comment embaucher un salarié étranger hors UE ?

Vous souhaitez embaucher un salarié étranger mais vous vous interrogez sur la procédure et la réglementation ? Notre dossier fait le point sur les titres de séjour, les formalités, les taxes, les recours, le travail illégal, les sanctions, les métiers en tension., etc.

Inclus : des modèles de lettres et de contrats, des fiches explicatives, des questions/réponses pratiques fondées juridiquement, des formulaires Cerfa.

Qui peut bénéficier du visa vacances-travail ? Quels sont les pays accessibles avec un visa vacances-travail ?

Lorsque vous envisagez d'embaucher un jeune travailleur dans le cadre d'un VT, vous ne pouvez le faire qu'avec des ressortissants de 16 pays parties d'une liste exhaustive, ayant conclu un accord bilatéral avec la France

Liste des pays partenaires et accords bilatéraux PVT (Canada, Australie, Japon, Brésil, Nouvelle-Zélande...) 

  • l'Argentine ;
  • l'Australie ;
  • le Brésil ;
  • le Canada (accord sur la mobilité des jeunes) ;
  • le Chili ;
  • la Colombie ;
  • la Corée du Sud ;
  • l'Équateur ;
  • le Japon ;
  • la Nouvelle-Zélande ;
  • Hong Kong ;
  • le Mexique ;
  • le Pérou ;
  • la Russie ;
  • Taïwan ;
  • l'Uruguay.

Quotas du PVT

Tous les pays concernés, à l'exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ont un nombre de participants à ce programme limité, fixé par année et par pays. 

📌Exemples :

- 7.000 pour le Canada ;
- 2.000 pour la Corée du Sud ;
- 1.500 pour l'Argentine ;
- 1.800 pour le Japon.

Comment obtenir un visa vacances-travail pour la France ?

Démarches à effectuer

Pour obtenir un visa vacances-travail, le ressortissant étranger demandeur doit déposer une demande pour un visa long séjour temporaire ou VLS-T.

Il convient de consulter le site de l'Ambassade de France des pays partenaires pour connaître les conditions particulières d’attribution du visa "Vacances-Travail" pour chacun des pays.

Le candidat doit faire sa demande de visa auprès de la représentation diplomatique ou consulaire en France de la destination d'accueil.

📌 Exemple :

  • si un jeune souhaite venir en vacances et travailler en France, il doit formuler une demande, auprès de l'Ambassade ou du Consulat de la France, dans son pays d'origine.

À noter dans certains cas, la démarche doit se faire en ligne sur les sites des services de l'immigration du pays concerné (notamment pour l'Australie, via le site du département de l'immigration australien).

Conditions d’éligibilité (âge, assurance...)

Le motif principal du séjour doit être de passer des vacances, tout en offrant au demandeur la possibilité d'obtenir et occuper un emploi afin de lui permettre de compléter les moyens financiers dont il dispose.

Les conditions générales sont les suivantes : 

  • le pays ou territoire d'origine du demandeur doit avoir conclu un accord avec la France ;
  • le demandeur doit remplir les conditions de durée et du niveau de ressources prévues par l’accord ;
  • le demandeur doit être âgé, à la date du dépôt de la demande, de 18 à 30 ans révolus

💡Bon à savoir : quelques pays prévoient une limite d'âge plus élevée, jusqu’à la veille du 36e anniversaire :

  • l’Argentine ;
  • l’Australie ;
  • le Canada.

📌 Exemple : quelles sont les conditions prévues par l'accord de la France avec l'Argentine ? 

Les ressortissants doivent remplir les conditions suivantes (3) : 

a) leurs motivations répondent aux objectifs du programme ;
b) ils n'ont pas bénéficié antérieurement de ce programme ;
c) ils sont âgés de dix-huit à trente ans révolus à la date du dépôt de la demande de visa « Vacances-Travail » ;
d) ils ne sont pas accompagnés de personnes à charge ;
e) ils sont titulaires d'un passeport en cours de validité ;
f) ils disposent des ressources financières nécessaires pour subvenir à leurs besoins au début de leur séjour ;
g) ils présentent un certificat médical attestant de leur bonne santé ;
h) ils n'ont pas d'antécédents pénaux.

Les ressortissants argentins, titulaires d'un visa « Vacances-Travail » délivré par les autorités françaises, sont, dès leur entrée sur le territoire français, autorisés à obtenir et occuper un emploi.

À noter :  il appartient au candidat au PVT d’assurer la prise en charge de son séjour. Aucune aide financière ne peut être attribuée.

Documents requis pour le dossier

📎 Pour chaque demande, une liste de documents à fournir sera demandée, ainsi qu'un formulaire à remplir.

Pour que son dossier soit complet, le candidat doit donc :

  • fournir une lettre de motivation et/ou un curriculum vitae (CV) ;
  • présenter un certificat médical et un casier judiciaire vierge ;
  • justifier de l’inscription d’une assurance privée couvrant tous les risques liés à la maladie, la maternité, l’invalidité, l’hospitalisation et le rapatriement pour toute la durée du séjour.
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Durée, renouvellement et travaux réalisables par les "PVTistes"

Statut juridique du ressortissant étranger

Le statut du ressortissant étranger sur le territoire de l'État partenaire est celui indiqué sur le visa : il dispose d'un visa "Vacances-Travail" lui permettant de séjourner et travailler, dans les limites et conditions prévues par l'accord.

Quelle est la durée du VVT ? 

La durée du VVT, prévue par chaque accord, est de 1 an maximum

Il n’est, en principe, pas possible changer de statut pendant la durée du séjour.

💡Bon à savoir : un accord peut limiter la durée d’emploi chez un même employeur.

Travaux autorisés et limites

Le visa "VT" ne limite pas les emplois autorisés à être exercés par leur nature, mais un accord bilatéral peut le faire.

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Refus de visa vacances travail : que faire ?

Recours gracieux 

💡Bon à savoir : tout refus de visa doit être motivé (4). 

La saisine de l'une ou l'autre des autorités suivantes, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux (devant le juge), à peine d'irrecevabilité de ce dernier.

Auprès du consulat

En cas de refus de sa demande de visa, le demandeur peut former un recours gracieux auprès du consulat en lui demandant de revoir sa décision.

Auprès de la CRRV 

Il peut aussi former un recours devant la commission placée auprès du ministre des Affaires étrangères et du ministre de l'Intérieur, la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) (5). Elle est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires.

Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'Intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires.

Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la décision de refus de visa (6).

La commission peut :

  • soit rejeter le recours ;
  • soit recommander au ministre des Affaires étrangères et au ministre de l'Intérieur d'accorder le visa de long séjour sollicité.

Le président de la commission peut rejeter, sans réunir la commission, les recours manifestement irrecevables ou mal fondés.

En l'absence de décision explicite prise dans le délai de 2 mois, le recours administratif est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée.

💡Bon à savoir : le demandeur doit motiver son recours et le rédiger en français, le signer et y joindre tout document utile.

Saisine du tribunal administratif

La personne dont le recours a été rejeté par le sous-directeur des visas, la commission ou, lorsque celle-ci a émis une recommandation, par le ministre des Affaires étrangères ou le ministre de l'Intérieur, peut demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision.

La saisine du tribunal doit être faite dans les 2 mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée.

Le visa "VT" peut-il être abrogé ?

Oui.

Lorsqu'un étranger est autorisé à séjourner en France sous couvert d'un titre de voyage revêtu du visa requis pour un séjour d'une durée supérieure à 3 mois et au plus égale à 1 an, ce visa peut être abrogé par l'autorité préfectorale dans les cas suivants (7) :

  • il existe des indices concordants permettant de présumer que l'étranger a obtenu son visa frauduleusement ;
  • il existe des indices concordants permettant de présumer que l'étranger est entré en France pour s'y établir à d'autres fins que celles qui ont justifié la délivrance du visa ;
  • le comportement de l'étranger trouble l'ordre public.

3 minutes pour tout comprendre sur l'embauche d'un salarié étranger

Références juridiques :
(1) Article R5221-1 du Code du travail
(2) Article L436-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
(3) Décret n°2011-800 du 1er juillet 2011 portant publication de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République argentine relatif au programme « vacances-travail », signé à Paris le 18 février 2011
(4) Article L211-5 du Code des relations entre le public et l'administration
(5) Article D312-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
(6) Article D312-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
(7) Article R312-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile