Il est fréquent que les entreprises mettent à disposition de leurs salariés des véhicules dits de fonction ou de service, notamment lorsque ceux-ci sont appelés à effectuer de nombreux déplacements dans le cadre de l'exercice de leur activité. De plus en plus souvent, ces véhicules sont équipés de GPS permettant de rejoindre plus facilement les destinations voulues.
À cet effet, il est tentant pour l'employeur de chercher à contrôler l'utilisation conforme des véhicules qu'il met à disposition, s'agissant tant des parcours effectués que de la vitesse de circulation par exemple. Certains ont donc imaginé équiper ces véhicules d'un système de géolocalisation. Qu'en est-il de la légalité d'un tel procédé ?
La géolocalisation peut être licite, en fonction des buts qu'elle recherche notamment pour :
- suivre et facturer une prestation de transport de personnes ;
- assurer la sécurité de l'employé, de son véhicule et des marchandises ;
- rationaliser au mieux le travail à accomplir dans des lieux dispersés ;
- accessoirement suivre le temps de travail, à défaut d'autres moyens ;
- les informations qu'elle recueille sont à la seule destination de l'employeur (accès des tiers verrouillé) et sont conservées pour une durée limitée.
Le salarié doit en outre être informé (1) de la présence du système et de ses finalités et pouvoir accéder (2) aux informations collectées le concernant et les rectifier.
Le Comité Social et Économique (CSE) est aussi informé et consulté préalablement à la mise en œuvre de ce dispositif (3).
Toutefois, elle est illégale lorsqu'elle a vocation à contrôler (4) :
- l'employé en permanence, notamment lorsque celui-ci dispose d'une liberté dans l'organisation de son travail (ex : VRP) ;
- le respect des limitations de vitesse ;
- l'employé en dehors de son temps de travail (véhicule de fonction utilisé à des fins privées).
Dans le cadre d'une action en justice, une preuve obtenue par ce moyen sera jugée déloyale et donc inutilisable. En outre, lorsque les conditions légales ne sont pas respectées, le salarié est en droit de s'opposer à l'installation d'un tel dispositif dans son véhicule.
Enfin, le droit au respect de la vie privée (5) entraîne l'application de sanctions pénales à l'encontre de l'employeur contrevenant pouvant aller jusqu'à 300.000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement (6).
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