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Actualité Rédiger le DUER : sécurité & prévention

DUER : 11 exemples de risques à évaluer rapidement

Par , Responsable Editorial web - Modifié le 27-04-2017

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DUER : 11 exemples de risques à évaluer rapidement juritravail

Evaluer les risques professionnels auxquels sont exposés vos salariés fait partie de vos obligations en tant qu'employeur. Peu importe votre activité ou la taille de votre entreprise, il vous faut faire l'inventaire des risques tant physiques que psychiques qui menacent vos employés. Cet inventaire vous conduira à établir le document unique d'évaluation (DUER). Cette démarche est fastidieuse mais indispensable. Vous pouvez vous faire aider lors de l'élaboration ou de la mise à jour du document par un acteur essentiel en matière de conditions de travail et de prévention : le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Ses recommandations pourront vous être utiles. Pour vous aider nous aussi, nous vous donnons 11 exemples de risques que vous pouvez inscrire dans votre DUER.

L'obligation d'élaborer un DUER

La loi impose à chaque employeur l'obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses salariés et protéger leur santé physique et mentale (1).

Ces mesures comprennent :

  • des actions de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail ;
  • des actions d'information et de formation des travailleurs ;
  • la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

Ainsi, il vous faut établir un inventaire précis des risques professionnels auxquels peuvent être exposés vos salariés. Cette évaluation doit donner lieu à l'élaboration du document unique d'évaluation des risques (DUER) (2).

En effet, des accidents peuvent être évités en prenant en compte les facteurs de pénibilité au travail (3). 10 facteurs de pénibilité sont reconnus aujourd'hui (4).

La liste des risques, y compris ceux liés aux ambiances thermiques (2)ainsi que les moyens qui permettent de les limiter ou de les supprimer doit être établie pour chaque unité de travail de l'entreprise ou de l'établissement.

Le chef d'entreprise que vous êtes doit s'inscrire dans une réelle démarche d'analyse, exigeante et fastidieuse, mais indispensable. Il n'est pas question ici de se contenter de réaliser un simple relevé de données brutes. Il vous faudra rechercher les probabilités de réalisation du risque identifié ainsi que son impact sur la santé du salarié pour combattre les risques à la source (5).

Vous devez notamment analyser les risques professionnels lors (6) :

  • du choix des procédés de fabrication ;
  • du choix des équipements de travail ;
  • du choix des substances ou préparations chimiques ;
  • de l'aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations ;
  • de la définition des postes de travail.

Cette évaluation vous permettra d'identifier les actions de prévention ainsi que les méthodes de travail et de production que vous pouvez adopter afin d'assurer un niveau de protection optimal de la santé et de la sécurité de vos salariés. Vous devez intégrer ces actions et ces méthodes dans l'ensemble des activités de l'établissement et à tous les niveaux de l'encadrement.

Une fois élaboré, ce document doit être mis à jour (7).

1.500 euros d'amende

Ne minimisez pas votre obligation d'établir le document unique d'évaluation des risques car en cas de manquement à celle-ci, vous vous exposez à une amende, majorée en cas de récidive.

Risques à mentionner dans le DUER : 11 exemples

1. Risques liés à la manutention de charges

Ils se caractérisent principalement par des risques dorsolombaires, voire, plus exceptionnellement, par des risques cardio-vasculaires en cas de port de charges très lourdes. Plusieurs secteurs sont potentiellement concernés : le bâtiment et des travaux publics, le commerce (mise en rayon par exemple), la métallurgie, les services.

2. Risques liés aux vibrations

Ces vibrations peuvent être transmises soit à tout le corps (lorsque le salarié conduit une machine qui vibre (engin de chantier ou de manutention), soit uniquement aux membres supérieurs (lorsque le salarié utilise une machine portative comme un marteau piqueur par exemple) qui peuvent engendrer des douleurs dorsales ou des affections invalidantes au niveau des bras et des mains (pathologies articulaires, moindre sensation du toucher). Peuvent être touchés par ces risques : les salariés du bâtiment et des travaux publics, de la métallurgie, des espaces verts, des services, etc

3. Risques de chute

Ce type de risque concerne les salariés qui travaillent habituellement en hauteur comme les charpentiers mais aussi ceux qui, de manière plus temporaire, doivent travailler en hauteur (sur une échelle par exemple) pour les besoins de leur métier, comme par exemple les agents d'entretien ou de maintenance. Ce risque ne doit pas être négligé, car il s'agit, après les accidents de la route, de la 2ème cause d'accidents mortels au travail.

4. Risques liés au bruit

Le bruit peut être source de stress et de fatigue mais peut aussi entraîner des pathologies plus graves et irréversibles comme la perte totale ou partielle de l'audition. Peuvent être concernés notamment les salariés qui travaillent au contact de machines bruyantes, tels que les salariés du bâtiment et des travaux publics, les salariés travaillant dans les usines, mais aussi, dans une moindre mesure bien entendu, les salariés travaillant dans des open-space (plateau téléphonique par exemple).

5. Risques routiers

Les salariés amenés à utiliser un véhicule (le leur ou celui de l'entreprise) dans le cadre de leur travail, pour rendre visite à des clients, pour se rendre sur un chantier sont exposés à un risque de dommages corporels irréversibles en cas d'accident, voire de décès, ou à des risques posturaux même en l'absence de collision. Les accidents de la route sont même la 1ère cause de mortalité au travail (8). Peuvent être concernés : les VRP et commerciaux, les chauffeurs routiers, les professions de la maintenance, les salariés du bâtiment...

6. Risques liés aux ambiances thermiques

Ils concernent par exemple les salariés qui travaillent au chaud. De nombreux métiers, très différents les uns des autres, peuvent être concernés par ce risque : travail en cuisine, dans une blanchisserie, dans des ateliers de soudure, travail en extérieur en particulier en période de fortes chaleurs, travail dans une fonderie… Le travail au chaud peut avoir des effets néfastes sur la santé physique des salariés (maux de tête, nausées, crampes, déshydratation, vertiges, mais aussi des effets beaucoup plus graves pouvant aller jusqu'au décès du salarié).

7. Risques du travail sur écran

Les salariés qui travaillent en permanence sur ordinateur ne sont pas épargnés par les risques professionnels ! Fatigue visuelle, maux de tête ou encore troubles musculo-squelettiques sont les principaux risques. Sont notamment concernés tous les métiers du secrétariat et de l'informatique.

8. Risques psychosociaux

Tous les salariés peuvent être exposés au stress, celui-ci peut par exemple être lié à des contraintes de rythme de travail ou au contact avec la clientèle ou le public, ou atteindre des salariés contraints à des objectifs chiffrés. On a vu ces dernières années se développer, chez beaucoup de salariés, des cas de burn-out.

Burn-out : comment lutter contre un tel risque ?

Burn out & bore out au travail, que faire ? Définition & dispositions

9. Risques liés aux agents chimiques dangereux

Ils sont parfois omniprésents sur les lieux de travail (tels que les colles, résines, peintures, mélanges). Ils peuvent entraîner des intoxications aiguës, même à faible dose (on parle alors d'intoxication chronique en raison du contact répété du salarié avec le produit). Le risque de cancer est également présent.

10. Risques liés aux contraintes posturales

De nombreux métiers peuvent être concernés par ce risque. Si l'on considère évidemment les métiers du bâtiment et des travaux publics, on retrouve également les salariés qui travaillent sur écran ou encore ceux qui sont amenés à utiliser un véhicule pour les besoins de leur travail (position assise/prolongée), les métiers de la coiffure ou de l'esthétique (position debout prolongée) ou encore les caissier(e)s.

11. Risques liés au travail de nuit ou en équipes successives alternantes

Les salariés qui travaillent de nuit ou en équipes successives alternantes sont exposés à un rythme de vie particulier par rapport à d'autres salariés travaillant la journée, leurs rythmes biologiques sont perturbés. Du fait d'un temps de sommeil réduit ou décalé, les impacts sur la santé et l'organisme sont nombreux : troubles du sommeil, fatigue, risques cancérogènes, troubles cardiovasculaires, digestifs ou neuropsychologiques.

Comment établir l'existence d'un risque professionnel ?

Etablissement du document unique d'évaluation des risques : détermination des risques

Le rôle du CHSCT

Si aucun texte n'impose la consultation des membres du CHSCT lors de la réalisation de ce document unique d'évaluation, l'employeur doit les associer à son élaboration ainsi qu'à sa mise à jour. en effet, ils sont compétents pour réaliser une évaluation des risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs dans l'entreprise (9).

Ils ont notamment pour mission de :

  • mener une inspection ou une enquête : elles permettent d'analyser les risques professionnels en rencontrant les salariés sur leur lieu de travail ;
  • aller à la rencontre des salariés pour vérifier s'il n'existe pas d'autres risques que ceux qui sont recensés dans le document unique (qui peuvent naître par exemple d'une nouvelle méthode de travail, d'une réorganisation des équipes, de l'utilisation d'une nouvelle machine …) ;

  • formuler des recommandations à l'employeur pour l'inciter à modifier le document unique d'évaluation des risques.

Références :
(1) Article L4121-1 du Code du travail
(2) Article R4121-1 du Code du travail
(3) Décret n°2015-1888 du 30 décembre 2015 relatif à la simplification du compte personnel de prévention de la pénibilité et à la modification de certains facteurs et seuils de pénibilité
(4) Article D4161-2 du Code du travail

(5) Article L4121-2 du Code du travail
(6) Article L4121-3 du Code du travail
(7) Article R4121-2 du Code du travail
(8) Sondage Ifop / MMA, 13 avril 2015 - Les actifs et la route : quelle conduite lors des trajets professionnels ?
(9) Article L4612-1
du Code du travail

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