Indemnité de licenciement des ingénieurs et cadres : quel est l'impact de la nouvelle convention collective nationale de la Métallurgie ?
Les nouvelles dispositions depuis le 1er janvier 2024
La Convention collective nationale des ingénieurs et cadres de la métallurgie du 13 mars 1972 ne s'applique plus."
Depuis le 1er janvier 2024, la Convention collective unique de la métallurgie du 7 février 2022 est pleinement entrée en vigueur (1). Elle remplace, notamment, l'ancienne Convention collective nationale des ingénieurs et cadres de la métallurgie du 13 mars 1972 (ex-IDCC 650), laquelle a pris fin le 31 décembre 2023 (2).
Depuis cette date, lors d'une procédure de licenciement d'un salarié cadre, ce sont ces nouvelles dispositions qu'il convient d'appliquer.
La nouvelle classification des salariés cadres de la Métallurgie
Groupes F, G, H et Isalariés cadres
La Convention collective de la Métallurgie prévoit une classification unique des salariés de la branche.
Les salariés cadres et non-cadres sont classés sur la base de 6 critères (complexité de l'activité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement et coopération, communication), permettant de les répartir au sein de 9 groupes d'emplois (de A à I).
Les salariés cadres sont les salariés des groupes F, G, H et I.
Cette nouvelle classification a eu un impact sur le montant de l'indemnité de licenciement qui doit être allouée : le calcul de l'indemnité est lié au groupe d'emploi du salarié.
💡 Bon à savoir : le groupe d'emploi du salarié est apprécié à la date à laquelle l'employeur manifeste sa volonté de licencier le salarié.
3 minutes pour tout comprendre sur la Convention Collective de la Métallurgie (IDCC 3248)
Comment calculer l'indemnité conventionnelle de licenciement pour les cadres de la Métallurgie ?
Ancienneté requise
Les salariés de la branche Métallurgie bénéficient d'une indemnité conventionnelle de licenciement dès lors qu'ils justifient d'une ancienneté d'au moins 8 mois, sauf faute grave ou lourde auquel cas l'indemnité n'est pas due (3).
Tableau : montant de l'indemnité conventionnelle de licenciement pour les cadres en CDI
Pour les salariés relevant des groupes F, G, H et I, l'indemnité est au moins égale à un montant fixé comme suit :
| Ancienneté du salarié | Montant de l'indemnité | Indemnité maximale |
| Inférieure à 8 ans |
| 18 mois de salaire de référence |
| Égale ou supérieure à 8 ans |
|
Exemple de calcul de l'indemnité conventionnelle de licenciement (5, 10, 15, 30 ans d'ancienneté, etc.)
📌 Pour un salarié qui perçoit un salaire brut mensuel de 2.800 euros et qui a :
- 10 ans d'ancienneté : [(2.800 x 1/5) x 7 ans] + [(2.800 x 3/5) x 3 ans] = 8.960 euros bruts ;
- 30 ans d'ancienneté : [(2.800 x 1/5) x 7 ans] + [(2.800 x 3/5) x 23 ans] = 42.560 euros bruts.
Pour plus d'exemples, consultez notre Synthèse.
Salaire de référence
Le salaire de référence, servant au calcul de l'indemnité de licenciement est, selon la formule la plus avantageuse pour le salarié cadre, la moyenne mensuelle de la rémunération brute due :
- soit au titre des 12 derniers mois précédant la date à laquelle l'employeur a manifesté la volonté de licencier le salarié ;
- soit au titre des 3 derniers mois précédant la date à laquelle l'employeur a manifesté la volonté de licencier le salarié.
Dans quelles conditions l'indemnité de licenciement des cadres est-elle majorée ?
Pour les salariés cadres, la Convention collective de la Métallurgie prévoit certains cas pour lesquels l'indemnité conventionnelle de licenciement est majorée.
Tableau : comment calculer la majoration selon l'ancienneté et l'âge du salarié ?
Pour les salariés des catégories F, G, H ou I, le montant de l'indemnité de licenciement peut être majoré selon l'âge du salarié.
Par exemple, pour un salarié ayant entre 50 et moins de 55 ans et ayant 5 ans d'ancienneté, l'indemnité conventionnelle de licenciement est majorée de 20 %.
Dans ce cas, le salarié ne peut percevoir une indemnité :
- inférieure à 3 mois de salaire de référence ;
- supérieure à 18 mois de salaire de référence.
Découvrez tous les cas complets de majorations au sein de notre Synthèse !
Exemple de calcul avec majoration en raison de l'âge du cadre
📌 Pour un salarié qui perçoit un salaire brut mensuel de 2.600 euros, qui a 54 ans et 8 ans d'ancienneté dans l'entreprise :
[(2.600 x 1/5) x 7 ans + (2.600 x 3/5) x 1 ans)] + 20 % (majoration des 50-55 ans) = 6.240 euros
Toutefois, l'indemnité de licenciement doit respecter un minimum de 3 mois de salaire, c'est-à-dire 3 x 2.600 = 7.800 euros.
C'est le montant le plus favorable des deux méthodes de calcul qui s'applique sans toutefois dépasser 18 mois de traitement (plafond du montant de l'indemnité à ne pas dépasser). Le salarié doit donc percevoir 7.800 euros à titre d'indemnité de licenciement.
Dans quelles conditions l'indemnité de licenciement des cadres est-elle minorée ?
Dans d'autres cas, l'indemnité conventionnelle de licenciement est minorée.
Tableau : les conditions de la minoration pour les salariés de 61 ans et plus
L'indemnité de licenciement du salarié est minorée lorsqu'il remplit les conditions suivantes :
| Âge du salarié | Minoration de l'indemnité | Indemnité minimale | Indemnité maximale |
| 61 ans | - 5 % | Indemnité légale de licenciement | 18 mois de salaire de référence |
| 62 ans | - 10 % | ||
| Tableau complet au sein de notre Synthèse ! | |||
L'âge du salarié est apprécié à la date de rupture du contrat de travail.
Exemple de calcul avec minoration en raison de l'âge du cadre
📌 Pour un salarié qui perçoit un salaire brut mensuel de 3.400 euros, qui a 62 ans et 9 ans d'ancienneté dans l'entreprise :
[(3.400 x 1/5) x 7 ans (3.400 x 3/5) x 2 ans] - 10 % (minoration des 62 ans) = 7.956 euros
L'indemnité conventionnelle minorée de licenciement respecte bien l'indemnité légale de licenciement qui s'élève, dans notre cas, à 7.650 euros.
💡 Bon à savoir : dans certains cas, même si le salarié répond aux conditions d'âge précitées, la minoration ne s'applique pas. Nous vous les détaillons au sein de notre Synthèse.
Indemnité légale ou conventionnelle : laquelle verser aux cadres et ingénieurs ?
Indemnité légale ou conventionnelle : quel est le montant le plus avantageux pour le salarié ?
L'employeur doit verser l'indemnité la plus élevée entre l'indemnité légale de licenciement et celle prévue par la convention collective, en fonction du résultat trouvé pour les deux calculs. C'est l'application du principe de faveur : l'employeur doit verser le montant le plus élevé au salarié.
Pour rappel, l'indemnité légale de licenciement est au moins égale à (4) :
- 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à 10 ans ;
- 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années à partir de 10 ans.
Exemple de calcul de l'indemnité légale de licenciement
📌 Pour un salarié qui perçoit un salaire brut mensuel de 2.800 euros et qui a :
- 5 ans d'ancienneté : (2.800 x 1/4) x 5 = 3.500 euros bruts ;
- 10 ans d'ancienneté : (2.800 x 1/4) x 10 = 7.000 euros bruts ;
- 15 ans d'ancienneté : [(2.800 x 1/4) x 10] + [(2.800 x 1/3) x 5] = 11.666 euros bruts.
🔍 Pour calculer simplement l'indemnité légale de licenciement et éviter les erreurs, utilisez notre simulateur : Testez notre simulateur d'indemnité légale de licenciement !
Lexique :
Indemnité légale = indemnité prévue par la loi (Code du travail)
Indemnité conventionnelle = indemnité prévue par la convention collective
Références :
(1) Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248), étendue par arrêté du 14 décembre 2022
(2) Ex-Convention collective nationale des ingénieurs et cadres de la métallurgie du 13 mars 1972 (ex-IDCC 650)
(3) Articles 75.3 et suivants de la Convention collective de la Métallurgie du 7 février 2022
(4) Articles L1234-9 et R1234-2 du Code du travail





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