Suite au prononcé du
licenciement d’un salarié, vous pouvez demander à celui-ci de ne pas exécuter son
préavis de licenciement (article
L. 122-8 du Code du travail). Cette mesure s’impose alors au salarié ; il ne peut pas refuser une telle demande.
Le droit du travail prévoit qu’en contrepartie de cette dispense, vous devez verser une indemnité dite
« indemnité compensatrice de préavis ».
Le montant de l’indemnité compensatrice de préavis doit alors correspondre à la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé durant cette période.
A cet égard, devez-vous prendre en compte les heures supplémentaires pour le calcul du montant de l’indemnité ?
L’histoire :
Une salariée est employée en tant que secrétaire comptable. Suite aux difficultés économiques de l’entreprise, celle-ci est licenciée. Son employeur la dispense alors d’exécuter son préavis de licenciement et lui verse une indemnité compensatrice de préavis.
La salariée constate que le montant de cette indemnité ne comprend pas la rémunération des heures supplémentaires qu’elle avait l’habitude d’accomplir.
L’employeur prétend qu’il n’a pas à verser cette rémunération étant donné que la salariée, n’exécutant pas son préavis, n’a pas effectué d’heures supplémentaires durant cette période.
La salariée intente alors une action en justice devant le Conseil de prud’hommes en vue de réclamer le paiement de ces heures supplémentaires.
Ce que disent les juges :
Les juges constatent que la salariée avait l’habitude d’effectuer, chaque semaine, des
heures supplémentaires.
Les juges considèrent que l’inexécution du préavis de licenciement ne doit entraîner
aucune diminution du salaire que la salariée aurait reçu si elle avait accompli son travail.
Les juges déclarent en conséquence que la salariée a droit au
paiement des heures supplémentaires pour la période du préavis.
Arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 5 décembre 2007 – N° de pourvoi 06-43.094.