Quelques chiffres sur les arrêts cardiaques en France

D'après la Fédération Française de Cardiologie, près de 40.000 personnes sont victimes d'un arrêt cardiaque, chaque année en France.

Plus de 92% de ces arrêts cardiaques sont fatals lorsqu'ils ne sont pas pris en charge immédiatement.

En France, le taux de survie à un arrêt cardiaque est au maximum de 8%.

7 fois sur 10, des témoins sont présents lorsqu'une personne est victime d'un arrêt cardio-respiratoire mais seulement 40% d'entre elles appliquent les gestes de premier secours.

Fédération Française de Cardiologie

Pourtant, on observe que dans les pays où la population est formée aux gestes qui sauvent et où les lieux publics sont équipés de défibrillateurs automatisés externes, le taux de survie à un arrêt cardiaque est 4 à 5 fois plus élevé.

On estime d'ailleurs que 10.000 vies pourraient être sauvées chaque année si 20% de la population était correctement formée aux gestes de premiers secours.

C'est pourquoi, il est indispensable de sensibiliser la population aux accidents cardiaques et aux gestes de premier secours

Cette sensibilisation est l'affaire de tous et les entreprises ont aussi un rôle important à jouer en la matière. Dirigeants comme salariés, chacun doit être acteur de la vie de l'entreprise.

Prise en charge des arrêts cardiaques en entreprise : 4 moyens pour être mieux préparé 

1. Sensibiliser les salariés sur les signes précurseurs de l'arrêt cardiaque

Il est important que les salariés de votre entreprise sachent identifier les symptômes d'un infarctus du myocarde.

Plus ils identifient rapidement ces symptômes, plus ils seront en mesure de réagir efficacement et d'augmenter les chances de survie de la victime.

Bien souvent, on assimile l'arrêt cardiaque à une douleur thoracique. Cette douleur persistante est intense et se traduit par une sensation de barre et de serrement au niveau de la poitrine.

Néanmoins, si c'est le signe précurseur le plus fréquent, il en existe d'autres :

  • douleur dans la mâchoire, le bras gauche, voire les deux bras et le dos ;

  • pâleur ;

  • malaise ;

  • sueurs ;

  • essoufflement ;

  • nausées ;

  • éructations ;

Mais, l'arrêt cardiaque se traduit différemment chez les victimes. Certaines ressentent davantage une sorte de gêne douloureuse au creux de l'estomac qu'elles assimilent à un trouble d'origine digestive.

En entreprise, n'hésitez pas à communiquer ces informations à vos salariés.

Pourquoi ne pas faire appel à la médecine du travail et organiser en collaboration avec les services de santé au travail, un atelier de sensibilisation aux risques d'accidents cardiaques en entreprise.

2. S'équiper du matériel de premier secours adapté

Afin de permettre la prise en charge des salariés victimes d'accidents au travail, l'employeur a l'obligation d'équiper les lieux de travail de matériel de secours adapté à la nature des risques et facilement accessible (1)

A ce titre, le matériel de premiers secours fait l'objet d'une signalisation par panneaux (2)

Néanmoins, le Code du travail ne précise pas davantage la nature des équipements dont l'entreprise doit se munir. 

Aucune obligation donc de mettre à disposition un défibrillateur automatique externe (DAE).

Cela explique, en partie, pourquoi de nombreuses entreprises ne sont pas équipées d'un tel dispositif. Mais ce n'est pas la seule explication.

L'installation d'un dispositif de DAE représente en effet un certain coût (achat, entretien, maintenance…) pour l'entreprise et d'autant plus pour les petites structures.

Chaque minute perdue réduit de 10% les chances de survie d'une victime.

Néanmoins, ce n'est pas parce que les salariés de votre entreprise ne sont pas exposés aux risques cardiaques dans le cadre de leur activité professionnelle que vous ne devez pas envisager de vous équiper d'un défibrillateur.

Personne n'est à l'abri de faire une crise cardiaque au travail et dans cette situation, les premières minutes sont les plus importantes. 

Bon à savoir :

Les entreprises ne le savent pas forcément mais il est possible de louer un défibrillateur. La location longue durée présente de nombreux avantages. 

3. Former les salariés aux gestes de premiers secours

La formation des salariés aux gestes de premiers secours n'est pas obligatoire en entreprise sauf dans certains cas précis.

En effet, un membre du personnel doit recevoir la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans les cas suivants (3) : 

  • chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ;

  • chaque chantier employant 20 travailleurs au moins pendant plus de 15 jours où sont réalisés des travaux dangereux.

54% des entreprisesn'ont pas formé leurs salariés aux gestes de premiers secours

Néanmoins, en dehors de ces cas, il est important que certains de vos salariés soient tout de même formés aux premiers secours.

En effet, lorsqu'ils sont témoins d'un arrêt cardiaque, peu de collaborateurs savent comment réagir et quels sont les bons gestes à adopter.

Pourtant si davantage de salariés étaient formés aux gestes qui sauvent, de nombreuses vies pourraient être sauvées chaque année. 

Il existe différents dispositifs de formation aux secours d'urgence tels que la formation “Prévention et secours civiques de niveau 1” (PSC1) ou encore la “sensibilisation aux gestes qui sauvent” (GQS).

Néanmoins, si ces formations permettent à toute personne d'acquérir la connaissance des gestes élémentaires et essentiels de secours, elles n'intègrent pas la dimension professionnelle et la connaissance des risques qui sont effectivement présents au sein de l'entreprise. 

La formation de SST est spécialement axée sur le monde du travail. En effet, celle-ci a pour double objectif de maîtriser la conduite à tenir en cas d'accident et les gestes de premier secours et de participer, en même temps, à la mise en oeuvre d'actions de prévention. La formation de SST a pour vocation de s'insérer dans la démarche plus globale de prévention des risques professionnels qui doit être mise en oeuvre en entreprise.

INRS

C'est pourquoi, la branche risques professionnels de l'Assurance maladie recommande aux entreprises la formation “sauvetage secourisme du travail” (SST).

Le nombre de sauveteurs secouristes au travail à former doit être évalué, au cas par cas, dans chaque entreprise en tenant compte des éléments suivants :

  • son effectif ;

  • les risques présents dans l'entreprise ou l'établissement ;

  • sa situation (notamment géographique).

Nouveauté :

Depuis le 21 avril 2021, les employeurs doivent proposer aux salariés, avant leur départ à la retraite, des actions de sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent (4).
Le temps consacré à cette sensibilisation est considéré comme temps de travail et l'action de sensibilisation se déroule pendant l'horaire normal de travail.
Elle permet aux salariés, avant leur départ à la retraite, d'acquérir les compétences nécessaires pour :

  • assurer sa propre sécurité, celle de la victime ou de toute autre personne et transmettre au service de secours d'urgence les informations nécessaires à son intervention ;

  • réagir face à une hémorragie externe et installer la victime dans une position d'attente adaptée ;

  • réagir face à une victime en arrêt cardiaque et utiliser un défibrillateur automatisé externe.

4. Afficher les consignes à respecter en cas d'urgence

Par ailleurs, pour accompagner vos salariés dans la prise en charge des arrêts cardiaques en entreprise, il est indispensable d'afficher dans les locaux de l'entreprise, les consignes décrivant la conduite à adopter en cas d'urgence ou d'accident.

Les coordonnées des services de secours d'urgence, de la médecine du travail et de l'inspection du travail ainsi que le nom de l'inspecteur compétent doivent également figurer sur cet affichage (adresse et numéro de téléphone) (5)

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Quels intérêts l'entreprise a-t-elle à se préparer à la prise en charge d'un arrêt cardiaque ?

La réponse peut sembler évidente : se préparer à la prise en charge d'un arrêt cardiaque en entreprise permet de sauver des vies.

Oui mais pas seulement !

Aujourd'hui, la santé et la sécurité au travail sont des enjeux majeurs au sein des entreprises.

Se préparer à la gestion de ce type d'événement permet également de limiter les conséquences préjudiciables que l'arrêt cardiaque d'un salarié pourrait avoir sur votre entreprise.

En effet,l'infarctus survenu au temps et lieu de travail est présumé être un accident du travail (6).

La prise en charge d'un arrêt cardiaque au titre de la législation sur les risques professionnels peut avoir des conséquences financières préjudiciables pour votre entreprise.

En effet, en cas d'incapacité permanente ou de décès du salarié, des suites d'un arrêt cardiaque, la victime ou ses ayants-droit peuvent engager la responsabilité de l'employeur au titre de la faute inexcusable (7).


Par ailleurs, si l'arrêt cardiaque ayant entraîné ou non le décès, est reconnu comme étant d'origine professionnelle, le taux de cotisation accident du travail / maladie professionnelle appliqué à l'entreprise, subira une augmentation.