En France, le médecin est tenu de respecter des règles déontologiques, selon lesquelles il doit s'efforcer de soulager les souffrances de son malade, de l'assister moralement et d'éviter toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique (1). De même, il a le devoir d'accompagner le mourant jusqu'à ses derniers instants, d'assurer par des soins et mesures appropriées la qualité d'une vie qui prend fin, de sauvegarder sa dignité et de réconforter son entourage (2).
Il est ainsi autorisé à interrompre ou à ne pas entreprendre des traitements jugés inutiles ou disproportionnés, n'ayant d'autre effet que de maintenir artificiellement la vie et à utiliser des traitements dans l'intention de soulager la souffrance, même s'ils risquent d'abréger la vie (3). Le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort. L'euthanasie provoque, dans notre pays, un débat de longue haleine et reste tabou, le législateur craignant les dérives auxquelles elle pourrait donner lieu.
Le 10 avril 2018, le Conseil Economique et Social (CSE) s'est pourtant prononcé en faveur de la sédation profonde explicitement létale (4).
Il est toutefois possible de faire hospitaliser la patient à l'étranger.
Dans d'autres pays, l'euthanasie active ou le suicide assisté (la mort n'est alors pas déclenchée par un tiers) ne sont pas pénalisés. C'est le cas par exemple de la Belgique, du Luxembourg ou des Pays-Bas. De plus en plus de français atteints de maladies graves contactent alors des médecins et hôpitaux étrangers afin de pouvoir bénéficier de ces " prestations " et de mourir dans la dignité.
Toutefois, ces pays essayent dans la mesure du possible d'éviter tout phénomène de " tourisme de la mort ".
Dans le cas de la Belgique, par exemple, le patient doit suivre le même parcours de soin qu'un mourant belge, c'est-à-dire qu'il doit établir une relation avec le soignant qui ne soit pas uniquement lié à l'euthanasie. Il doit être majeur, effectuer cette demande de manière volontaire et être dans une situation médicale sans issue, faire état d'une souffrance physique et psychique constante et insupportable (5).
Le médecin vérifie le diagnostic, l'état de souffrance physique et de détresse psychique du malade, et lui propose d'autres traitements. Un délai minimum d'un mois intervient entre la demande et l'euthanasie afin que la décision ne soit pas impulsive et que le patient prenne le temps de mesurer toutes les conséquences de son acte tant sur sa personne que sur celle de son entourage. Le médecin belge peut faire valoir sa clause de conscience et refuser de pratiquer l'euthanasie. Le patient est alors confié à un autre soignant, qui reprend la procédure depuis le début.
petit livre très pratique et synthétique et à jour.