Qu'était la prime/indemnité inflation ?
Face à la forte hausse du coût des énergies en 2021-2022, le Gouvernement de l'époque avait envisagé différentes solutions pour soutenir le pouvoir d'achat des Français, parmi lesquelles figurait "l'indemnité inflation" (1).
Prévue par la Loi de finances rectificative pour 2021 (2), celle-ci avait pour objectif d'aider les Français à assumer l'augmentation des prix de l'énergie et des carburants à la pompe.
D'un montant de 100 euros, cette prime "exceptionnelle" était versée en 1 seule fois, sous conditions. Cette dernière était exonérée d'impôt sur le revenu ainsi que de cotisations sociales et contributions sociales (CSG, CRDS).
La prime inflation n'était pas non plus prise en compte pour le calcul des revenus et ressources ouvrant droit aux allocations et de prestations sociales.
3 minutes pour tout comprendre sur les différentes primes à verser au salarié
Qui avait droit à la prime inflation de 100 euros ? Quelles étaient les conditions à remplir pour en bénéficier ?
L'indemnité inflation de 100 euros était versée aux Français, salariés ou non.
Le bénéficiaire devait, pour être éligible, percevoir un revenu net inférieur à 2.000 euros par mois (revenu effectivement perçu avant impôt) (3). Étaient ainsi pris en compte :
- le salaire net du salarié (rémunération réellement touchée à la fin du mois une fois les charges sociales déduites) ;
- les pensions de retraite ;
- les bourses ;
- etc.
Pour déterminer si les revenus du bénéficiaire étaient inférieurs à 2.000 euros net, il fallait faire la moyenne des salaires sur la période de référence allant du 1er janvier 2021 au 31 octobre 2021. Toutes les rémunérations versées durant cette période devaient être prises en compte dans le calcul (primes, etc.).
Pour finir, il convient de préciser que cette aide était individualisée, c'est-à-dire versée individuellement, et non par foyer.
Cela explique pourquoi ce ne sont pas les revenus du foyer qui ont été pris en compte, mais bien ceux de chaque personne éligible composant le foyer. En conséquence, 2 personnes du même foyer pouvaient donc toucher l'indemnité si chacune répondait aux conditions.
Quand cette aide exceptionnelle a-t-elle été versée ? À quelle date exactement ?
La prime/l’indemnité inflation de 100 euros a été versée entre les mois de décembre 2021 et février 2022, selon la situation de la personne éligible.
En ce qui concerne les salariés du privé, la prime a été versée dès le mois de décembre 2021 et devait figurer parmi les mentions obligatoires à faire apparaître sur le bulletin de paie. Il en était de même pour les travailleurs indépendants et les étudiants boursiers.
Pour les fonctionnaires, les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires de minima sociaux, l'indemnité leur a été versée en janvier 2022. Plus précisément, la CAF a versé l'indemnité inflation à partir du 20 janvier 2022 et Pôle emploi (aujourd'hui devenu France Travail) à partir du 25 janvier 2022.
Les retraités avaient, quant à eux, reçu l'indemnité à partir du mois de février 2022.
Quelle procédure pour bénéficier de l'indemnité inflation ?/Quelles démarches devaient être réalisées par les employeurs pour le versement de l'indemnité inflation à leurs salariés ?
Pour prétendre à l'indemnité, aucune démarche ne devait être effectuée : la mise en œuvre du versement de la prime/de l'indemnité était automatique.
Celle-ci était versée via différents canaux :
- par l'entreprise, pour les salariés ;
- par l'employeur public, pour les agents publics ;
- par l'Urssaf, pour les indépendants ;
- par la Sécurité sociale agricole (MSA), pour les agriculteurs ;
- par France Travail, pour les chômeurs ;
- par les caisses de retraite, pour les retraités.
Les employeurs devaient procéder, pour le compte de l'État, au versement de la prime inflation à leurs salariés.
Celle-ci devait ainsi apparaître sur la fiche de paie de décembre 2021. En cas d'impossibilité, ils devaient la verser, au plus tard, le 28 février 2022.
Ensuite, l'État était chargé de rembourser les employeurs via une aide au paiement des cotisations et contributions sociales.
Pour cela, les employeurs devaient déclarer le versement de l'indemnité inflation dans la déclaration sociale nominative (DSN) du mois suivant le versement.
📌 Exemple :
Les employeurs ayant versé la prime en décembre 2021 devaient la déclarer dans la DSN du mois de janvier 2022.
Les indemnités versées leur étaient remboursées lors du paiement des cotisations sociales sur les rémunérations du même mois.
Enfin, les employeurs devaient déduire le montant des primes versées des cotisations dues dès l'échéance de paiement suivante.
Si le montant des indemnités versées était plus élevé que le montant des cotisations dues, l'Urssaf devait procéder au remboursement de l'excédent, qui était :
- soit imputé sur les échéances ultérieures ;
- soit remboursé directement par l'organisme.
Comment le bénéficiaire devait-il procéder lorsqu'il n'avait pas reçu l'indemnité inflation en 2022 au titre de l'année 2021 ?
À compter du 25 mars 2022, les Français éligibles à l'indemnité inflation de 100 euros qui ne l'avaient pas reçue pouvaient demander cette aide via un téléservice rattaché au portail numérique.
Ce téléservice, appelé "mes droits sociaux", a été fermé le 30 novembre 2022.
À compter du 1er décembre 2022, les bénéficiaires devaient donc s'adresser directement à leur employeur ou à l'organisme chargé du versement de l'aide exceptionnelle (4).
Peut-on encore en 2026 réclamer la prime de 100 euros ?
Non, il n’est plus possible de réclamer cette prime. En effet, le dispositif permettant de faire la demande de cette aide (téléservice "mes droits sociaux") et la plate-forme de réclamation mise en place par les organismes sociaux sont fermés de manière définitive depuis 2022.
De plus, les délais de recours pour solliciter le versement de cette aide spécifique sont prescrits.
Pourquoi le versement d'une nouvelle prime/indemnité inflation n'est pas prévu pour 2026 ? Les alternatives proposées par le Gouvernement
À ce jour, aucune nouvelle création d’indemnité inflation n'a été annoncée par le Gouvernement. Toutefois, des dispositifs variés ont entre-temps été mis en place pour soutenir le pouvoir d'achat des Français.
Chèque énergie : jusqu’à 277 euros pour précarité énergétique
Le chèque énergie est attribué aux ménages éligibles automatiquement identifiés et payés par l'Agence de services et de paiement (ASP) entre le 15 octobre 2025 et le 28 février 2026.
Si vous n’avez pas reçu le chèque alors que vous pensez être éligible, vous pouvez déposer une demande en ligne jusqu’au 28 février 2026 sur le site de chèque énergie.
Son montant, variant de 48 à 277 euros selon les revenus et la composition du foyer, est désormais uniquement destiné au paiement des dépenses liées à la fourniture d’énergie pour le logement ou les charges de chauffage, auprès des établissements éligibles, et ne peut plus financer les travaux de rénovation énergétique.
PPV 2026 (ex-prime Macron) : prime 3000 euros/prime entreprise ou prime pouvoir d'achat/Prime de partage de la valeur moins de 11 salariés
La prime de de partage de valeur (PPV, ex prime Macron) permet aux employeurs de verser 3.000 euros ou 6.000 euros par an et par salarié, potentiellement exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales.
Facultative pour la plupart des entreprises, cette prime est obligatoire pendant cinq ans (jusqu’au 29 novembre 2028) pour les sociétés de 11 à 49 salariés sous certaines conditions de bénéfices.
La PPV est versée aux salariés ayant un contrat de travail à la date du versement. Son montant est variable et fixé par accord collectif ou décision unilatérale de l’employeur.
Salaire et inflation : revalorisations du SMIC et pensions
Depuis le 1 er janvier 2026, le SMIC a été revalorisé afin de garantir le pouvoir d’achat des salariés concernés. En métropole et DROM, le SMIC horaire brut passe à 12,02 euros (1.823,03 euros brut mensuel) et le net mensuel est de 1.443,11 euros. A Mayotte, le SMIC horaire brut est de 9,33, une hausse de 3,90 %.
Une revalorisation des pensions de retraite a été aussi appliquée. En effet, les pensions de retraite, qu’elles soient de droit propre ou de de droit dérivé, ont ainsi été augmentées de 0,9 % dans la limite de l'inflation enregistrée (6).
Références :
(1) Article 12 du projet de loi de finances rectificative pour 2021
(2) Article 13 de la loi n°2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificative pour 2021
(3) Décret n°2021-1623 du 11 décembre 2021 relatif aux modalités de versement de l'aide exceptionnelle prévue à l'article 13 de la loi n°2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificative pour 2021
(4) Décret n°2022-1490 du 30 novembre 2022 modifiant le décret n°2021-1623 du 11 décembre 2021 relatif aux modalités de versement de l'aide exceptionnelle prévue à l'article 13 de la loi n°2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificative pour 2021
(5) Arrêté du 31 juillet 2025 fixant les critères d'éligibilité au chèque énergie et le plafond aux frais de gestion pouvant être déduits de l'aide spécifique
(6) Article L161-23-1 du Code de la sécurité sociale







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