En quoi consiste l'homologation d'une rupture conventionnelle ?
L'homologation de la rupture conventionnelle d'un salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) est une formalité obligatoire qui permet de valider la rupture et faire en sorte qu'elle produise ses effets (1).
Il s'agit d'une vérification faite par l'Administration, pour s'assurer que :
- la procédure et les délais ont bien été respectés ;
- la liberté de consentement des parties n'a pas été viciée (2) ;
- l'indemnité de rupture conventionnelle individuelle fixée lors de l'entretien de rupture est au moins égale au minimum légal (ou conventionnel si plus favorable).
Sans cette validation par l'autorité administrative, le contrat du salarié ne peut pas être rompu.
💡À savoir : s'il s'agit de la rupture conventionnelle d'un salarié protégé, il ne s'agit pas d'une demande d'homologation, mais une demande d'autorisation doit être adressée à l'inspecteur du travail.
Qui fait la demande d'homologation : l'employeur ou le salarié ?
C'est à la partie la plus diligente d'adresser la demande d'homologation de la rupture à l'Administration (ou demande d'autorisation à l'inspecteur du travail s'il s'agit d'un salarié protégé).
Cela signifie que l'employeur, comme le salarié peuvent procéder à l'envoi de la demande d'homologation.
Dans les faits, c'est généralement l'employeur qui se charge de cette formalité, mais le salarié peut s'en charger.
Quand demander l'homologation de la convention de rupture conventionelle ?
L'homologation doit être demandée à l'expiration du délai de rétractation suivant la signature de la convention.
Concrètement, lorsqu'un employeur convient d'une rupture conventionnelle avec son salarié, ils doivent tous les deux signer une convention de rupture - dans laquelle ils indiquent toutes les conditions et le cadre de la rupture (indemnités, date de fin du contrat...).
Une fois la convention signée, un délai de rétractation débute : il permet à chacune des parties de revenir sur sa décision.
Le délai de rétractation d'une rupture conventionnelle est de 15 jours calendaires (3).
Vous ne pouvez envoyer la demande d'homologation, qu'à compter du lendemain de l'expiration du délai de rétractation (4). Autrement dit, vous ne pouvez pas réaliser cette formalité la veille ou le jour même de l'expiration (5).
Attention ! Les délais, en matière de rupture conventionnelle, sont déterminants : pensez à être vigilant.
Quelle est la procédure de saisie en ligne pour demander l'homologation d'une convention de rupture conventionnelle ?
Pour mémoire : depuis le 1er avril 2022, la procédure à respecter pour faire homologuer une rupture conventionnelle doit se faire en ligne. Il est désormais obligatoire de passer par le téléservice dédié à ce type de rupture (6).
💡Bon à savoir : il existe toutefois une exception à l'utilisation du site TéléRC. En effet, si les parties sont dans l'incapacité d'utiliser le téléservice, il faut alors prévenir la Direction départementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) et passer par l'envoi du formulaire Cerfa n°14598*01.
Comment utiliser le service TéléRC ? Que faire en cas d'impossibilité de l'utiliser (formulaire Cerfa) ?
Une fois la convention signée, vous devez demander son homologation via le téléservice TéléRC. Le site permet de remplir un formulaire numérique et de le télétransmettre directement à l'Administration.
La demande d'homologation doit contenir les informations suivantes :
- informations sur l'employeur (identité de l'entreprise, coordonnées...) ;
- informations sur le salarié (identité, coordonnées, ancienneté, emploi, rémunération des 12 derniers mois...) ;
- calendrier de la rupture conventionnelle : déroulement et dates du ou des entretiens de rupture conventionnelle, date de fin du contrat (il n'existe pas de préavis de rupture conventionnelle) ;
- indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui sera versée au salarié.
Le service de saisie TéléRC vous aide à remplir correctement votre demande puisque vous êtes assisté pendant la saisie des informations. Si vous remplissez mal la demande, les informations manquantes ou erronées apparaîtront en orange. Il permet également d'éviter tous les aléas liés aux envois postaux, qui pourraient repousser de quelques jours les délais à respecter.
La demande d'homologation est à imprimer en 3 exemplaires, à dater et à signer avec le salarié.
Quel est le rôle de la DDETS dans l'homologation d'une rupture conventionnelle ?
La demande d'homologation d'une rupture conventionnelle est envoyée à l'autorité administrative compétente.
Pour faire une demande d'homologation, il faut s'adresser à la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS), entité responsable de l'homologation des ruptures conventionnelles (souvent appelée Inspection du travail) du lieu où est établi l'employeur (6). Il n'existe pas d'autorité subsidiaire ayant le pouvoir d'homologuer une rupture conventionnelle.
Grâce à la télétransmission, la demande est automatiquement transmise à la DDETS compétente.
Comment savoir si la rupture conventionnelle est homologuée ? En combien de temps obtenir une réponse de l'Administration ?
Une fois la demande reçue, l'Administration dispose de 15 jours ouvrables (à compter du lendemain de la réception de la demande), pour vérifier la validité de la convention (1).
Si vous avez reçu une notification d'acceptation, la convention est réputée homologuée et le contrat pourra être rompu à la date prévue dans la convention de rupture (à la date de fin fixée dans la convention) et, au plus tôt le lendemain de l'homologation.
💡Bon à savoir : une fois votre demande envoyée par le téléservice TéléRC, votre numéro de demande vous permettra de faire un suivi concernant l'état de la procédure. Ce numéro vous permet également, par la suite, d'imprimer une attestation d'homologation.
Si vous recevez une notification de refus, le contrat ne pourra pas être rompu.
Quelles sont les conséquences d'une homologation tacite de la rupture conventionnelle ?
Si la DDETS n'a pas répondu dans un délai de 15 jours, la convention est là aussi réputée homologuée (1).
À noter qu'il n'y a aucune différence entre une notification d'acceptation reçue et une validation de la convention par le biais d'une homologation tacite : l'autorité administrative est automatiquement dessaisie une fois ce délai passé.
Refus d'homologation : quelles en sont conséquences ?
Le contrat de travail ne peut pas être rompu en cas de refus d'homologation, car la convention de rupture conventionnelle ne produit aucun effet.
Pour quel motif peut-il y avoir un refus d'homologation de la rupture conventionnelle ?
Il se peut que l'Administration décide de ne pas homologuer la rupture conventionnelle.
C'est le cas, par exemple :
- s'il y a une erreur dans le formulaire (le site de télétransmission permet d'éviter au maximum ce problème) ;
- erreur dans la procédure de rupture conventionnelle avec non-respect des délais, des entretiens ;
- erreur dans le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle ;
- s'il y a un défaut de consentement d'une des parties ;
- etc.
Dans ce cas, vous recevrez une notification de refus d'homologation. Vous devrez alors recommencer la procédure ou abandonner l'idée d'une rupture conventionnelle du contrat.
📌 Exemple :
Une rupture conventionnelle ne sera pas homologuée si le montant des 12 derniers mois de salaire du salarié n'apparaît pas. C'est une information nécessaire dans le calcul du salaire de référence, permettant de définir le montant minimal de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Quels sont les recours possibles en cas de refus d'homologation ?
Dans le cadre d'un refus d'homologation, le recours dépend du motif justifiant la décision.
Vous pouvez :
- renvoyer le formulaire de demande d'homologation parfaitement rempli ;
- recommencer la procédure dans son entièreté ;
- former un recours devant le Conseil de prud'hommes, dans les 12 mois qui suivent la notification du refus.
Quels sont les risques, si je ne demande pas l'homologation ?
Si l'homologation de la rupture conventionnelle n'est pas demandée, il n'est pas possible de rompre le contrat du salarié.
Si l'employeur met tout de même fin au contrat alors même que la rupture n'est pas homologuée, il s'agira d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il peut alors être contraint de verser des dommages et intérêts pour licenciement abusif.
Si c'est le salarié qui refuse de poursuivre le contrat, il s'agira d'un abandon de poste.
La rupture conventionnelle en image
Références :
(1) Article L1237-14 du Code du travail
(2) Article L1237-11 du Code du travail
(3) Article L1237-13 du Code du travail
(4) Circulaire DGT n°2008-11 du 22 juillet 2008
(5) Cass. Soc. 14 janvier 2016, n°14-26220
(6) Article D1237-3-1 du Code du travail et Décret n°2021-1639 du 13 décembre 2021 portant obligation de recours au téléservice pour réaliser la demande d'homologation de la convention de rupture du contrat de travail
(6) Article R1237-3 du Code du travail





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