Qu'est-ce que la Convention nationale du Bâtiment pour les entreprises jusqu'à 10 salariés (IDCC 1596 ; brochure JO n°3193) ?
Présentation de la Convention Bâtiment Ouvriers (jusqu'à 10 salariés)
Vous êtes employeur ou ouvrier (maçon, couvreur, plâtrier, chauffagiste...) dans une petite entreprise du secteur du Bâtiment ? Vous relevez probablement de la Convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du Bâtiment occupant jusqu'à 10 salariés, signée le 8 octobre 1990 (1).
Aussi appelée Convention Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés), son Identifiant de Convention collective (IDCC) est le 1596.
La Convention collective du Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés) concerne près de 494.000 ouvriers et 145.000 entreprises.
Données Insee (2)
💡 Bon à savoir : plusieurs tentatives de modernisation et d'actualisation de cette convention ont eu lieu ces dernières années, et ont abouti à un nouveau texte le 7 mars 2018. Néanmoins, il demeure lettre morte en raison d'une suspension sur décision judiciaire (3). Les dispositions prévues par la Convention collective du 8 octobre 1990 demeurent donc applicables.
Qui doit appliquer la Convention Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés) ?
Les entreprises concernées
Entrent dans le champ d'application des dispositions conventionnelles, les entreprises de 10 salariés maximum dont l'activité principale concerne le Bâtiment, telles que :
- la maçonnerie et travaux ;
- le génie climatique ;
- la couverture-plomberie et l'installation sanitaire ;
- etc.
Les ouvriers concernés
La Convention collective des ouvriers employés par les entreprises du Bâtiment (occupant jusqu'à 10 salariés) concerne :
- les ouvriers d'exécution ;
- les ouvriers professionnels ;
- les compagnons professionnels ;
- et les maîtres-ouvriers ou chefs d'équipe.
Les ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) et les cadres du Bâtiment ne sont pas concernés par cette convention collective, car ils disposent de leurs propres textes conventionnels.
💡 Important : on ne parle pas de "convention collective du BTP", car ces deux secteurs (Bâtiment et Travaux publics) disposent chacun de leurs propres conventions collectives et donc, de leurs propres grilles de salaires.
Quelles sont les grilles salariales des ouvriers du secteur du Bâtiment en 2026 ?
La fixation du salaire minimal conventionnel du secteur Bâtiment (jusqu'à 10 salariés) se fait à l'échelon régional. Par conséquent, 13 grilles coexistent pour les ouvriers de la branche.
Voici un aperçu de quelques grilles de salaires applicables en 2026 (en euros, sur une base de 35 heures hebdomadaires).
Quel est le salaire d'un ouvrier du BTP en Bretagne (ex : d'un ouvrier N3P2) en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026 (4) :
|
Niveaux |
Position |
Coefficient |
Salaire mensuel brut minimal |
|
Niveau I |
1 |
150 |
1.863,43 euros* |
|
Niveau I |
2 |
170 |
1.868,17 euros |
|
Niveau II |
- |
185 |
1.917,70 euros |
|
Grille complète 2026 au sein de notre Synthèse ! |
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*Montant inapplicable car inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1.867,02 euros bruts).
Exemple :
En Bretagne, un ouvrier classé N2 (niveau II) à temps plein doit être rémunéré au moins 1.917,70 euros bruts mensuels.
Quel est le salaire d'un ouvrier du BTP en Nouvelle-Aquitaine en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026 (5) :
|
Niveaux |
Position |
Coefficient |
Salaire mensuel brut minimal |
|
Niveau I |
1 |
150 |
1.838,24 euros* |
|
Niveau I |
2 |
170 |
1.862,51 euros* |
|
Niveau II |
- |
185 |
1.912,56 euros |
|
Grille complète 2026 au sein de notre Synthèse ! |
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*Montant inapplicable car inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1.867,02 euros bruts).
Exemple :
En Nouvelle-Aquitaine, un ouvrier classé N2 (niveau II) à temps plein doit être rémunéré au moins 1912,56 euros bruts mensuels.
Quel est le salaire d'un ouvrier du BTP dans la région Grand-Est ?
Depuis le 1er mars 2025 (6) :
|
Niveaux |
Position |
Coefficient |
Salaire mensuel brut minimal |
|
Niveau I |
1 |
150 |
1.802,80 euros* |
|
Niveau I |
2 |
170 |
1.864,76 euros* |
|
Niveau IV |
1 |
250 |
2.394,78 euros |
|
Niveau IV |
2 |
270 |
2.578,38 euros |
|
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*Montant inapplicable car inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1.867,02 euros bruts).
Exemple :
En région Grand-Est, un ouvrier classé N1P2 (niveau I, position 2) à temps plein doit être rémunéré au moins 1.867,02 euros bruts mensuels (application du SMIC).
Quel est le salaire d'un ouvrier du BTP en Provence-Alpes-Côte d'Azur ?
Depuis le 1er novembre 2024 (7) :
|
Niveaux |
Position |
Coefficient |
Salaire mensuel brut minimal |
|
Niveau III |
1 |
210 |
2.170,80 euros |
|
Niveau III |
2 |
230 |
2.340,59 euros |
|
Niveau IV |
1 |
250 |
2.510,38 euros |
|
Niveau IV |
2 |
270 |
2.680,18 euros |
|
Découvrez la nouvelle grille complète applicable au 1er septembre 2026 au sein de notre Synthèse ! |
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Exemple :
En région PACA, un ouvrier classé N4P2 (niveau IV, position 2) à temps plein doit être rémunéré au moins 2.680,18 euros bruts mensuels.
Quels sont les salaires des ouvriers du BTP pour la région Île-de-France en 2026 ?
Depuis le 6 février 2026 (8) :
|
Niveaux |
Position | Coefficient | Salaire mensuel brut minimal |
| Niveau I |
1 |
150 | 1.843 euros* |
| Niveau 1 |
2 |
170 | 1.855 euros* |
| Niveau II |
- |
185 | 1.899 euros |
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Grille complète 2026 au sein de notre Synthèse ! |
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*Montant inapplicable car inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1.867,02 euros bruts).
Exemple :
En région Île-de-France, un ouvrier classé N1P2 (niveau I, position 2) doit être rémunéré au moins 1.867,02 euros bruts mensuels (application du SMIC).
Quels sont les échelons de classification prévus par la CCN du Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés) ?
Comprendre la classification pour appliquer les bons salaires conventionnels
Pour lire correctement la grille de salaires, employeur et ouvrier doivent connaître la classification des salariés instituée par la Convention collective du Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés).
Connaître cette classification permet d'appliquer le bon salaire minimum conventionnel (SMC), ou de vérifier que le salaire versé correspond bien au bon niveau hiérarchique. Effectivement, le montant des salaires minimaux varie en fonction du coefficient de l'ouvrier.
Tableau de classification par niveaux, positions et coefficients, des ouvriers du BTP (entreprises jusqu'à 10 salariés)
Chaque ouvrier couvert par la présente Convention collective se voit attribuer un coefficient selon son niveau et sa position. Ce niveau est déterminé selon 4 critères (9) :
- le contenu de l'activité ;
- l'autonomie et l'initiative ;
- la technicité ;
- la formation, l'adaptation et l'expérience.
La classification, par niveaux, position et coefficient, est la suivante :
| Niveaux | Catégorie correspondante | Position |
Coefficient |
| Niveau I | Ouvrier d'exécution | Position 1 |
150 |
| Niveau I | Ouvrier d'exécution | Position 2 |
170 |
| Niveau II | Ouvrier professionnel | Position unique |
185 |
| Niveau III | Compagnon professionnel | Position 1 |
210 |
| Niveau III | Compagnon professionnel | Position 2 |
230 |
| Niveau IV | Maître-ouvrier ou chef d'équipe | Position 1 |
250 |
| Niveau IV | Maîtres-ouvriers ou chefs d'équipe | Position 2 |
270 |
Trouver le coefficient de l'ouvrier
L'ouvrier peut retrouver son coefficient, ainsi que l'intitulé de la convention collective qui lui est applicable :
- sur son bulletin de paie (fiche de paie) et son contrat de travail ;
- sur les documents remis lors de son embauche (informations obligatoires sur la relation de travail).
Comment sont fixés les salaires minimaux conventionnels ?
Calcul du salaire minimum conventionnel du Bâtiment pour les ouvriers
La rémunération minimale conventionnelle de la branche du Bâtiment est fixée au niveau de la région (ou du département dans certains cas), par le biais d'une négociation des partenaires sociaux locaux (organisations patronales et syndicats des salariés).
Sa fixation répond à une procédure identique sur tout le territoire (10) :
- la détermination d’une partie fixe (exprimée en valeur absolue et identique pour chaque niveau et position) ;
- la fixation d'une valeur de point (ensuite multipliée par les différents coefficients hiérarchiques).
📌 Le salaire mensuel minimal de chaque niveau correspond donc au calcul suivant : Partie fixe + (Valeur du point x Coefficient hiérarchique).
SMIC ou salaire minimum conventionnel : lequel appliquer ?
Le salaire minimum de croissance (SMIC) est un minimum social garanti à tous les salariés. L'employeur a l'obligation légale de le respecter lorsqu'il établit la rémunération de ses salariés.
De ce fait, aucune convention collective ne peut fixer un salaire conventionnel inférieur à ce montant légal. Dans le cas contraire, ce salaire serait inapplicable et le salaire minimum légal devrait être versé au salarié. Une telle situation peut parfois se produire lorsqu'une revalorisation du SMIC a lieu postérieurement à la conclusion d'un accord sur les salaires.
💡 Pour rappel, depuis le 1er juin 2026, le SMIC s'élève à 1.867,02 euros bruts mensuels (11).
À lire aussi : Salaires inférieurs au SMIC : les employeurs bientôt sanctionnés ?
Des augmentations de salaires sont-elles à prévoir en 2026 et 2027 dans le Bâtiment ?
Chaque année, les partenaires sociaux du Bâtiment négocient les nouvelles grilles de salaires applicables au sein de leur région, afin de les revaloriser au regard de différents facteurs : coût de la vie, coût de la main-d'œuvre, inflation, conditions de travail, santé économique des entreprises du Bâtiment situées dans le secteur géographique...
Avec les récentes revalorisations du SMIC (au 1er janvier puis au 1er juin 2026), plusieurs grilles salariales régionales présentent des salaires conventionnels inférieurs au minimum légal et donc inapplicables. C'est le cas, par exemple, de certains minima conventionnels en Normandie ou en Occitanie (premiers niveaux).
Pour ces régions, la conclusion de nouveaux accords pour augmenter les salaires conventionnels est nécessaire.
💡 Bon à savoir : un ouvrier peut aussi voir son salaire augmenter en 2026 et 2027 si une politique de revalorisation salariale a lieu dans son entreprise (collective ou individuelle).
Références :
(1) Convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées par le décret du 1er mars 1962 (c'est-à-dire occupant jusqu'à 10 salariés) du 8 octobre 1990 (IDCC 1596 ; brochure JO n°3193), étendue par arrêté du 12 février 1991 (JO du 15 février 1991)
(2) "Les portraits statistiques de branches professionnelles", DARES selon les données de l'Insee, 17 juin 2026
(3) Nouvelle convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées par le décret du 1er mars 1962 (c'est-à-dire occupant jusqu'à 10 salariés) du 7 mars 2018 (Avenant du 7 mars 2018), suspendu par l'arrêt CA Paris, 10 janvier 2019, n°18/15127, et confirmé par Cass. Soc. 10 février 2021, n°19-13383
(4) Accord Bretagne du 27 novembre 2025 relatif aux salaires, étendu par arrêté du 3 février 2026 (JORF 5 février 2026)
(5) Accord Nouvelle-Aquitaine du 22 octobre 2025 relatif aux salaires, étendu par arrêté du 13 janvier 2026 (JORF 17 janvier 2025)
(6) Accord Grand Est du 16 janvier 2025 relatif aux salaires, étendu par arrêté du 29 avril 2025 (JORF 3 mai 2025)
(7) Accord PACA du 30 septembre 2024 relatif aux salaires, étendu par arrêté du 27 décembre 2024 (JORF du 3 janvier 2025)
(8) Accord Île-de-France du 5 novembre 2025, étendu par arrêté du 27 janvier 2026 (JORF 5 février 2026)
(9) Articles 12-2 et 12-3 de la Convention collective nationale du 8 octobre 1990
(10) Article 12-8 de la Convention collective nationale du 8 octobre 1990
(11) Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance







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