Qu'est-ce que le burn-out ?

Burn-out ou épuisement professionnel : définition

La psychologue Américaine, Christina Maslach, a défini le burn-out comme "un syndrome d'épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction de l'accomplissement personnel qui apparaît chez les individus impliqués professionnellement auprès d'autrui". Pour en savoir plus sur l'historique du burn-out, rendez-vous dans l'encart dédié, à la fin de cet article.

Le burn-out se traduit par un "épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel".

Le burn-out est un syndrome à trois dimensions (1) :

  • l'épuisement émotionnel : fatigue extrême qui devient chronique et ne parvient plus à être soulagée par le repos ;
  • le cynisme vis-à-vis du travail : l'attitude de l'individu devient négative, dure, détachée, vis-à-vis de son travail et des personnes (collègues, encadrement, clients, patients...). Progressivement, il se désengage de son travail, une perte d'estime de soi s'installe et une barrière entre lui et les autres apparaît. Le travailleur réduit son investissement et développe des conceptions péjoratives, cyniques, sur les personnes pour qui ou avec qui il est censé travailler ;
  • la diminution de l'accomplissement personnel au travail : une dévalorisation de soi, traduisant pour l'individu le sentiment d'être inefficace dans son travail et de ne pas être à la hauteur du poste. Malgré tous ses efforts, le travailleur se sent dans une impasse.

2,55 millions de salariés en burn-out sévèreétude Opinion Way / Empreinte Humaine, octobre 2021

Avec la crise sanitaire liée au covid-19, le nombre de salariés en détresse psychologique a augmenté sensiblement, en particulier le nombre de cas de burn-out.

Les résultats du baromètre publié le 20 octobre 2021 par le cabinet Empreinte Humaine (2), spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux (RPS) sont alarmants. En effet, le taux de burn-out a augmenté de 25% depuis mai 2021, pour culminer à 2,55 millions de personnes en burn-out sévère.

Selon cette étude, les salariés les plus exposés au burn-out sont :

  • les managers ;
  • les jeunes salariés âgés de moins de 39 ans ;
  • et les femmes.

Les entreprises doivent prendre la mesure de ces enjeux pour améliorer la prévention des risques psychosociaux.

Vous êtes salarié ? Téléchargez notre dossier complet pour agir en cas de burn-out et protéger votre santé.

Burn-out ou dépression ?

La différence entre le burn-out et la dépression est présente sur plusieurs points :

  • l'origine : le burn-out vient surtout du cadre professionnel alors que la dépression provient surtout du cadre de vie la personne en général ;
  • les traitements : ils sont assez différents puisque le burn-out peut être réduit par des modifications du cadre de travail ainsi que des personnes avec lesquelles il travaille. Pour la dépression, il s'agit plus d'un travail sur la personne elle-même, accompagné par un spécialiste.

Les symptômes sont assez similaires et il n'est pas rare qu'un burn-out puisse entraîner une dépression (3).

Les causes principales du burn-out 

De nos jours, les salariés ont de plus en plus de mal à décrocher de leur travail, le soir après leur journée ou le weekend, bien qu'il existe pourtant un droit à la déconnexion depuis le 1er janvier 2017 (4).

Plusieurs causes peuvent être à l'origine d'un burn-out :

  • le développement des nouvelles technologies et la possibilité de rester connecté à toute heure. De plus en plus de salariés ramènent du travail chez eux (sans parler de télétravail), dans les transports, pendant leurs congés ou même en arrêt maladie ;
  • la conjoncture actuelle du marché du travail : bon nombre de salariés ont peur de perdre leur travail et de se retrouver au chômage ;
  • la peur de ne pas atteindre les objectifs fixés par la direction ;
  • le manque de personnel ;
  • l'accroissement de la charge de travail (à l'inverse du bore-out).

Le stress qui en découle peut avoir des effets préjudiciables pour la santé, au point de rendre un salarié malade. Les pathologies psychiques (5), telles que le burn-out, peuvent d'ailleurs être reconnues comme maladie professionnelle.

💡 Cet article peut vous intéresser : Le burn-out reconnu comme maladie professionnelle.

Comment savoir si on fait un burn-out et quels en sont les signes ? 

Les signes du burn-out

Bien souvent les salariés victimes de burn-out ne se rendent pas compte ou ne veulent pas se rendre compte de l'impact que leur travail peut avoir sur leur santé. Cependant, les conséquences sur la santé sont nombreuses. C'est pourquoi différentes mesures de prévention peuvent vous permettre d'éviter un burn-out.

Lorsque le déséquilibre devient trop important entre, la réalité de son travail et ce que son travail devrait être au regard de ce que son métier représente pour lui, il y a un risque de basculer vers un syndrome d'épuisement professionnel.

Des signes plus ou moins fréquents, voire quotidiens, doivent vous alerter :

  • diminution de la concentration ;
  • dévalorisation ;
  • fatigue excessive ;
  • irritabilité ;
  • émotivité ;
  • addictions.

Parfois, le burn-out est associé au harcèlement moral (6). Si vous êtes victime de harcèlement moral, parlez-en !

Historique du burn-out :

À l'origine, c'est le psychanalyste new-yorkais Herbert Freudenberger qui a conceptualisé le "burn-out syndrome", dans les années 1970. Il avait observé que de nombreux bénévoles encadrant des toxicomanes se décourageaient et perdaient leur motivation. Ils décrivaient un sentiment de vide intérieur comme s'ils avaient subi un incendie et s'étaient consumés.

Par la suite, de nombreux travaux sur le burn-out ont été réalisés, notamment la psychologue américaine Cristina Maslash qui a défini la notion (cf supra). En effet, au départ le burn-out était plutôt décrit pour des soignants ou des avocats exerçant leur activité auprès de personnes en difficultés. Les chercheurs pensaient que ce mal atteignait les personnes qui travaillaient dans une relation d'aide.


En effet, au départ le burn-out était plutôt décrit pour des soignants ou des avocats exerçant leur activité auprès de personnes en difficultés. Les chercheurs pensaient que ce mal atteignait les personnes qui travaillaient dans une relation d'aide.

Mais rapidement il est apparu que les causes du burn-out n'étaient pas toutes spécifiques aux professionnels impliqués auprès d'autrui. C'est le cas, par exemple de la charge de travail et du manque de soutien de sa hiérarchie. On a ainsi étendu la notion de burn-out à tous les groupes professionnels.

D'après Patrick Légeron, psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus, la personne touchée a le sentiment de ne plus avoir d'énergie, elle se sent vidée. En même temps, apparaît un désinvestissement de la relation avec l'autre, un manque d'empathie, une attitude cynique. Enfin, on constate une baisse de l'estime de soi.

Références :

(1) Anact, Inrs "Le syndrôme d'épuisement professionnel ou burnout : mieux comprendre pour mieux agir"
(2) Baromètre cabinet Empreinte Humaine, 20 octobre 2021
(3) Assurance Maladie, Stress au travail : tout savoir sur le burn-out
(4) Loi n°2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels
(5) Article L461-1 du Code de la Sécurité Sociale
(6) Cass. Soc. 6 avril 2011, n°10-11647