1. Qu'est-ce qu'un licenciement pour inaptitude

Le licenciement pour inaptitude est un licenciement pour motif personnel, non-disciplinaire.

Il intervient suite à l'inaptitude médicale du salarié à exercer son activité professionnelle au sein de son entreprise.

📌 Le salarié ne peut plus exercer son activité car son état de santé physique ou mentale est devenu incompatible avec le poste qu'il occupe. Il doit donc être reclassé ou, si ce n'est pas possible, être licencié pour inaptitude.

Il existe 2 types de licenciement pour inaptitude :

  • le licenciement pour inaptitude non professionnelle : lorsque le salarié est déclaré inapte par son médecin, suite à une maladie ou un accident d'origine non professionnelle et que son reclassement n'est pas possible.
  • le licenciement pour inaptitude professionnelle : lorsque le salarié est déclaré inapte par son médecin, suite à une maladie professionnelle ou un accident du travail, et que son reclassement n'est pas possible.

Le licenciement pour inaptitude n'est possible que si le salarié est déclaré inapte à reprendre son ancien poste et si :
  • soit le médecin du travail a déclaré dans l'avis d'inaptitude, que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi.
  • soit l'employeur justifie de son impossibilité de trouver un poste de reclassement ;
  • soit le salarié a refusé les postes de reclassement proposés par l'employeur.

2. Qui peut déclarer un salarié inapte au travail ?

Seul le médecin du travail peut déclarer le salarié inapte à reprendre son ancien poste. Lui seul peut émettre des avis d'inaptitude.

3. Quelle est la procédure du licenciement pour inaptitude ?

  • Étape 1 : examen médical auprès du médecin du travail.
  • Étape 2 : avis d'inaptitude décidé par le médecin du travail.
  • Étape 3 : recherche de reclassement du salarié dans l'entreprise, par l'employeur. Cette étape n'est pas obligatoire si l'avis d'inaptitude mentionne expressément que "tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé" ou que "l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi".

L'employeur doit consulter le CSE lors de cette obligation de recherche de reclassement. En cas de mention expresse ou en cas de refus du salarié ou d'impossibilité de reclassement, l'employeur doit entamer la procédure de licenciement pour inaptitude.

  • Étape 5 : déroulement de l'entretien préalable, au minimum 5 jours après la présentation ou la remise de la lettre de convocation à l'entretien.

👓 Pour avoir tous les détails sur la procédure de licenciement pour inaptitude, consultez notre article dédié : Licenciement pour inaptitude, la procédure à suivre.

A savoir :

Après la visite médicale de reprise pendant laquelle le médecin du travail a déclaré le salarié inapte, l'employeur dispose d'un délai d'1 mois pour le reclasser ou pour le licencier. Si le délai d'1 mois est dépassé, l'employeur doit reprendre le versement du salaire (1).

4. Combien de temps pour un licenciement pour inaptitude ? Les délais :

1 moisDélai pour prononcer le licenciement pour inaptitude.

📅 A compter de l'examen médical de reprise, l'employeur a 1 mois pour prononcer le licenciement ou le reclassement du salarié déclaré inapte (1).

💰 S'il ne le fait pas dans ce délai d'un mois, il devra reprendre le versement du salaire correspondant à l'ancien poste du salarié.

Le contrat est rompu à la date du licenciement, le salarié n'a pas à effectuer de préavis.

👓 Cet article peut vous intéresser : Inaptitude au travail : 3 astuces pour défendre vos revenus.

5. Quelles indemnités en cas de licenciement pour inaptitude ?

L'indemnité de licenciement pour inaptitude est différente, selon qu'il s'agisse d'une inaptitude professionnelle ou d'une inaptitude non professionnelle.

Indemnité licenciement pour inaptitude non professionnelle

💰 Le licenciement pour inaptitude non professionnelle ouvre droit :

  • à l'indemnité légale de licenciement (ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable au salarié) ;
  • et à une indemnité compensatrice de congés payés (si le salarié ne les a pas tous posés avant la fin de son contrat).
La durée de préavis (non effectuée) est cependant prise en compte pour le calcul de l'indemnité de licenciement.

En revanche, le salarié n'a pas le droit à une indemnité compensatrice de préavis puisqu'il n'a pas de préavis à effectuer. En effet, le contrat est rompu le jour de la notification du licenciement.

Indemnités licenciement pour inaptitude professionnelle

💰 Le licenciement pour inaptitude professionnelle (donc suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle) ouvre droit :

  • à une indemnité spéciale de licenciement pour inaptitude, égale au double de l'indemnité légale de licenciement (ou une indemnité conventionnelle si plus favorable) ;
  • à une indemnité compensatrice de congés payés ;
  • et une indemnité égale à l'indemnité compensatrice de préavis.

👓 Pour en savoir plus sur le calcul des indemnités de licenciement pour inaptitude professionnelle ou non professionnelle, consultez notre article dédié : Indemnité de licenciement pour inaptitude : comment la calculer ?

6. L'indemnité temporaire d'inaptitude (ITI), qu'est-ce que c'est ?

Pendant le mois qui suit l'avis d'inaptitude, l'employeur doit chercher un poste de reclassement. Pendant ce temps, il n'a pas à verser de rémunération au salarié inapte (sauf disposition conventionnelle contraire).

💰 C'est pourquoi, dans le cadre d'une inaptitude suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le salarié a droit à une indemnité temporaire d'inaptitude (ITI) versée par la CPAM (2).

L'ITI est au moins égale au montant des indemnités journalières versées pendant l'arrêt de travail précédant l'avis d'inaptitude (3).

7. Employeur ou salarié : pouvez-vous contester l'avis d'inaptitude ?

Oui, l'employeur, comme le salarié, peut contester la décision d'inaptitude rendue par le médecin du travail.

15 joursDélai pour contester l'avis d'inaptitude

Pour cela, il peut saisir le Conseil de Prud'hommes dans un délai de 15 jours suivant la notification de l'avis d'inaptitude.

Les voies et modalités de recours sont détaillées sur l'avis d'inaptitude.

Le médecin-inspecteur du travail pourra être saisi pour interroger le médecin du travail qui a rendu l'avis (4).

8. Peut-on travailler après un licenciement pour inaptitude ?

Oui, un salarié peut travailler après un licenciement pour inaptitude mais conformément aux préconisations du médecin du travail.

En revanche, si le médecin du travail a déclaré le salarié inapte à tout emploi, peu importe l'entreprise ou le poste, il sera plus difficile de retrouver un nouvel emploi.

9. Rupture anticipée du CDD pour inaptitude, c'est possible ?

Oui, il est possible de rompre de façon anticipée un contrat à durée déterminée (CDD) en cas d'inaptitude du salarié à exercer son précédent emploi.

Dans ce cas, tout comme pour le licenciement, si l'employeur n'a pas reclassé ou rompu le CDD dans le mois qui suit l'examen médical de reprise, il devra reprendre le versement du salaire du salarié déclaré inapte (5).

La rupture du CDD pour inaptitude ouvre droit à une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement ou au double (en cas d'inaptitude suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle). Elle est versée à l'issue du contrat, en même temps que le dernier salaire (6).

Le salarié a également droit à une indemnité compensatrice de congés payés pour les congés acquis et non pris.

10. La rupture conventionnelle est-elle possible à la place d'un licenciement pour inaptitude ?

Non, il n'est pas possible de rompre le contrat par rupture conventionnelle suite à un avis d'inaptitude.

Remplacer la procédure de licenciement pour inaptitude par une rupture conventionnelle est donc interdit.

En effet, la rupture conventionnelle ne peut pas être utilisée pour contourner les règles du licenciement pour inaptitude, qui confère certaines garanties.

11. Quel délai pour toucher le chômage après un licenciement pour inaptitude ?

Si le salarié s'inscrit à Pôle emploi en tant que demandeur d'emploi après son licenciement pour inaptitude, il peut toucher le chômage (s'il remplit les conditions).

🕑 Il pourra toucher ses allocations chômage après écoulement d'un délai de carence de 7 jours, d'un différé d'indemnisation "congés payés" (s'il part avec une indemnité compensatrice de congés payés) et du différé d'indemnisation spécifique (en fonction de ses indemnités supra légales de licenciement).

👓 Pour en savoir plus, consultez notre article dédié : Délai de carence chômage : comment bien le calculer ?