Qu'est-ce que la violence intrafamiliale ?
Les violences intrafamiliales désignent les violences commises au sein de la cellule familiale. Elles peuvent être exercées entre conjoints ou ex-conjoints, entre parents et enfants, ou entre tout autre membre de la famille.
Elles peuvent prendre différentes formes :
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violences physiques : coups, blessures, séquestration ;
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violences psychologiques : humiliations, menaces, isolement, emprise ;
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violences sexuelles : rapports imposés, agressions ;
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violences économiques : contrôle des ressources financières, interdiction de travailler.
💡 Les violences psychologiques commises au sein de la famille constituent une infraction pénale en France (1). À ce titre, elles peuvent donner lieu à des poursuites et à des mesures de protection, au même titre que les violences physiques.
Les violences intrafamiliales concernent tous les profils, quels que soient l'âge, le sexe ou la situation sociale des victimes. Les dispositifs d'accompagnement sont accessibles à toute personne concernée.
Numéros d'urgence en cas de violences intrafamiliales
En cas de danger immédiat, plusieurs numéros gratuits sont accessibles :
| Numéro | Public concerné | Disponibilité |
| 17 | Appel aux forces de l'ordre | 24h/24, 7j/7 |
| 3919 | Femmes victimes de violences | 24h/24, 7j/7 |
| 116 006 | Toutes victimes d'infractions | 9h–20h, 7j/7 |
| 119 | Enfants en danger | 24h/24, 7j/7 |
En 2025, le 116 006 a reçu plus de 55 000 appels. Ce numéro est gratuit, anonyme et ouvert à toutes les victimes de violences intrafamiliales (Ministère de la Justice).
📌 Si vous ne pouvez pas parler : le 3919 permet d'envoyer un message via le formulaire du site violencesfemmes.fr. Vous pouvez également signaler les faits sur signalement.gouv.fr.
Les dispositifs de protection judiciaire
L'ordonnance de protection : éloigner l'auteur des violences sans déposer plainte
Délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF), l'ordonnance de protection permet de mettre rapidement en place plusieurs mesures destinées à protéger la victime. Elle peut notamment prévoir l'éloignement de l'auteur des violences du domicile, l'interdiction d'entrer en contact avec la victime ou encore l'attribution de la résidence des enfants.
Cette mesure peut être obtenue sans dépôt de plainte préalable (2).
📌 L'éloignement de l'auteur des violences constitue l'un des dispositifs les plus efficaces pour mettre fin aux violences conjugales ou intrafamiliales.
Le téléphone grave danger (TGD)
En janvier 2026, 5 609 téléphones grave danger étaient attribués en France, contre 727 en 2020.
Ce dispositif permet à la victime d'alerter, par une simple pression sur un bouton, un service de téléassistance, qui contacte immédiatement les forces de l'ordre.
Le téléphone grave danger est attribué par le procureur de la République lorsqu'un danger grave et imminent est caractérisé. Pour en bénéficier, la victime ne doit plus vivre sous le même toit que l'auteur des violences au moment de son attribution (3).
Le bracelet anti-rapprochement (BAR)
Créé par la loi du 28 décembre 2019 (4), le bracelet anti-rapprochement repose sur un système de géolocalisation de la victime et de l'auteur présumé des violences.
Si ce dernier s'approche de la victime au-delà du périmètre autorisé, une alerte est immédiatement déclenchée afin de permettre l'intervention des forces de l'ordre.
Depuis la fin de l'année 2023, une nouvelle génération de bracelets est progressivement déployée. Elle offre une meilleure couverture réseau, une autonomie renforcée et un équipement plus discret pour la victime (Ministère de la Justice).
Porter plainte pour violences conjugales
Déposer plainte
Vous pouvez déposer plainte dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie, quel que soit le lieu où les faits ont été commis.
Depuis 2024, tous les tribunaux judiciaires et toutes les cours d'appel disposent de pôles spécialisés dans les violences intrafamiliales, afin d'assurer une prise en charge harmonisée des victimes sur l'ensemble du territoire.
L'aide juridictionnelle et l'accompagnement associatif
En 2026, le budget consacré à la politique publique d'aide aux victimes atteint 57,8 millions d'euros, soit deux fois plus qu'en 2020. Ce financement permet notamment de soutenir le réseau des associations d'aide aux victimes (AAV), présentes dans chaque département.
Ces associations assurent un accompagnement gratuit tout au long des démarches judiciaires. Elles peuvent notamment vous aider à :
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rédiger une plainte ou une main courante ;
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être orienté vers un avocat, avec la possibilité de bénéficier de l'aide juridictionnelle sous conditions de ressources ;
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préparer une audience.
Vos besoins de protection peuvent également être évalués dans le cadre de l'évaluation individuelle du besoin de protection (EVVI). Réalisée par une association d'aide aux victimes, cette évaluation est transmise au procureur de la République, qui détermine les mesures de protection les plus adaptées à votre situation.
Les associations et les structures d’aide
Structures accompagnant les femmes victimes de violences
Plusieurs organismes spécialisés proposent un accompagnement sur l'ensemble du territoire :
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la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui gère le 3919 et anime un réseau d'associations venant en aide aux femmes victimes de violences ;
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France Victimes, réseau d'associations d'aide aux victimes (AAV) ouvert aux femmes comme aux hommes ;
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SOS Femmes battues et SOS Amitié, qui assurent une mission d'écoute et d'orientation ;
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les Maisons des femmes, qui proposent, dans plusieurs villes, un accompagnement médical, juridique et psychologique au sein d'un même lieu ;
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l'Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT), compétente lorsque les violences sont liées au milieu professionnel.
Quelles autres structures peuvent vous accompagner ?
D'autres dispositifs permettent d'obtenir une aide, une écoute ou d'effectuer un signalement :
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SOS Violence conjugale, ligne d'écoute et d'orientation destinée aux victimes de violences au sein du couple ;
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Viffil, plateforme numérique permettant de signaler des violences intrafamiliales sans avoir à se déplacer ;
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les associations locales spécialisées, qui peuvent accompagner les victimes dans leurs démarches, de l'hébergement d'urgence jusqu'au suivi judiciaire.
Pour les enfants et les personnes âgées victimes
Les violences intrafamiliales peuvent également concerner les enfants ainsi que les personnes âgées ou en situation de vulnérabilité.
Plusieurs dispositifs leur sont dédiés :
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119 – Allô Enfance en danger, accessible 24h/24 pour signaler toute situation mettant un mineur en danger ;
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les unités d'accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED), qui assurent une prise en charge globale des mineurs victimes en lien avec les professionnels de santé et l'autorité judiciaire ;
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3977 – Allô Maltraitance Personnes Âgées et Adultes Handicapés, destiné au signalement des violences commises à l'encontre des personnes vulnérables.
SOS hommes battus : où trouver de l'aide ?
Les hommes victimes de violences conjugales peuvent également bénéficier d'un accompagnement. Ils peuvent notamment contacter :
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le 3919, qui accueille les victimes sans distinction de genre ;
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le 116 006, ouvert à l'ensemble des victimes d'infractions ;
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France Victimes ainsi que les associations locales d'aide aux victimes.
Les aides sociales et psychologiques
Un accompagnement psychologique
Les victimes peuvent bénéficier gratuitement d'un accompagnement psychologique auprès des associations d'aide aux victimes ou des centres médico-psychologiques (CMP).
Certains tribunaux proposent également une prise en charge psychologique dès le dépôt de plainte.
📌 En cas de besoin immédiat, des professionnels spécialement formés peuvent intervenir rapidement après les faits afin d'apporter un soutien d'urgence. Cet accompagnement est gratuit et confidentiel.
Un hébergement d'urgence
Lorsque le maintien au domicile n'est plus possible, plusieurs solutions d'hébergement peuvent être proposées :
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le 115 (SAMU social), qui assure l'orientation vers un hébergement d'urgence ;
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les centres d'hébergement spécialisés pour les femmes victimes de violences, accessibles notamment par l'intermédiaire du 3919 ;
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une mise à l'abri temporaire, organisée dans certains cas par les associations locales.
Quelles aides financières sont prévues ?
Plusieurs dispositifs peuvent contribuer à accompagner les victimes dans leurs démarches ou leur permettre de quitter le domicile :
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l'aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des frais d'avocat sous conditions de ressources ;
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le Fonds de garantie des victimes (FGTI), qui indemnise les préjudices résultant de certaines infractions ;
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les aides sociales d'urgence versées par les centres communaux d'action sociale (CCAS) ;
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l'aide universelle d'urgence (AUU), versée par la CAF afin de permettre aux victimes de violences conjugales de quitter rapidement le domicile ;
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le pack nouveau départ, mis en place dans certains départements en lien avec les CCAS, qui accompagne la réinstallation des victimes (logement, équipement, démarches administratives).
Conclusion
Face aux violences intrafamiliales, vous n'êtes pas seul·e. Des dispositifs d'urgence, des mesures de protection judiciaire et des solutions d'accompagnement existent à chaque étape. La première démarche peut consister à contacter le 3919 ou le 116 006, afin d'être écouté, orienté et accompagné. Pour connaître vos droits précis selon votre situation, rapprochez-vous d'une association d'aide aux victimes ou consultez le portail justice.fr/je-suis-victime.




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