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Droit d'alerte ou droit de retrait : quand et comment l'exercer ?

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Rédigé par Lorène Bourgain, Juriste rédactrice web

Mis à jour le 30 juillet 2024

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Températures extrêmes, épidémies, pannes machines, non-respect des normes de sécurité, processus dangereux, manque d'équipements de protection, risques d'agression... Quand pouvez-vous exercer votre droit de retrait ou votre droit d'alerte ? Quels sont les devoirs de chaque salarié en cas d'alerte ou de danger grave ou imminent ? Notre dossier, illustré d'exemples concrets, vous explique tout !... Lire la suite
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En bref

Droit d'alerte, droit de retrait : vos moyens d'action face à un danger grave et imminent (chaleur/températures/canicule, insécurité, agression, etc.)

L'article L4131-1 du Code du travail institut un droit de retrait à tous les salariés, peu importe la nature de leur contrat de travail. Il vous permet de vous retirer, sans l'accord de votre employeur, dès lors que vous êtes exposé à un danger grave et imminent dans le cadre d'une situation de travail. Dans le même temps, il vous impose un devoir d'alerte. En effet, lors de votre retrait, vous devez immédiatement alerter l'employeur des dangers que vous craignez.

Pendant l'exercice de votre droit de retrait, votre rémunération est maintenue.


Droit de retrait : préserver votre sécurité, en respectant les limites posées par le Code du travail et la jurisprudence

Le Code du travail autorise, dans certaines situations, l’exercice des droits d’alerte et de retrait, permettant de cesser le travail.

Droit d’alerte et droit de retrait ne peuvent être déclenchés que si vous vous trouvez dans une situation de danger grave (pouvant faire peser une menace sur votre vie ou votre santé) et imminent (c’est-à-dire sur le point de se produire). Votre santé et/ou votre propre sécurité doit être en jeu !

Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre CSE (Comité Social et Économique) se prononce sur la gravité des faits, ou qu’il exerce lui-même son droit d’alerte, car c’est un droit propre à tout salarié.

Dans quels cas utiliser ce dossier ?

Néanmoins, il est important de savoir dans quelles circonstances vous pouvez, ou non, exercer votre droit d’alerte ou de retrait, et de respecter la procédure requise.

En effet, votre employeur peut vous infliger une sanction pouvant aller d'une retenue sur votre salaire pour les journées chômées, à votre licenciement si vous n'avez pas un motif raisonnable d'user de votre droit de retrait, ou si votre comportement s'apparente à un acte d'indiscipline.

Quelles sont les différences existantes entre droit d'alerte et droit de retrait ? Quelles étapes et quel formalisme êtes-vous tenu de respecter ? Quelles situations légitiment l'exercice de votre droit de retrait ? Au contraire, dans quels cas l'exercice de votre droit peut-il être considéré comme abusif par le juge ? 

Contenu du dossier :

Pour répondre à vos questions, ce dossier contient les informations dont vous avez besoin pour mettre en œuvre légitimement votre droit d'alerte ou de retrait, notamment :

  • la définition des droits d'alerte et de retrait, et de leur cadre juridique (obligation/faculté, différences théoriques et pratiques, titulaire(s) du droit, procédure applicable, rémunération, droits et obligations de l'employeur, sort du licenciement prononcé en raison de l'exercice du droit de retrait) ;
  • des illustrations concrètes des situations ayant légitimé l'exercice de son droit de retrait par un salarié, ou au contraire reconnues comme une utilisation abusive de celui-ci (pandémie, canicule, température basse, harcèlement, risques psychosociaux, etc.) ;
  • la définition du droit d'alerte en cas de risque grave pour la santé publique ou l'environnement (définition, modalité de mise en œuvre, risques encourus en cas de désaccord avec l'employeur) ;
  • les cas particuliers notables en matière de droit de retrait (fonctionnaires d'État, de la fonction publique hospitalière (FPH) ou territoriale (FPT), contrats d'apprentissage).

Ce dossier juridique dédié contient :

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31 Questions essentielles

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1 Modèle de lettre

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2 Fiches express

Les notions clés abordées dans ce dossier juridique :

  • Droit de retrait
  • Droit de retrait dans la fonction publique
  • Droit d’alerte du CSE
  • Exemples de risques
  • Alerte canicule et conséquences pour le salarié
  • Droits du salarié
  • Obligations de l'employeur
  • Droit de retrait et harcèlement sexuel
  • Licenciement après l'exercice du droit de retrait
  • Rémunération
  • Épidémie
  • Danger grave et imminent
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Extrait de notre dossier

Qu’est-ce que le plan “canicule” et quels sont ses impacts sur la sphère professionnelle ?

Le “plan canicule” est un plan national élaboré et mis en œuvre par le Gouvernement à chaque été pour prévenir et lutter contre les effets néfastes des grosses chaleurs sur la santé et la sécurité des personnes. 

Pour mémoire, on parle de “canicule” pour désigner un épisode (plus ou moins) durable de températures diurnes et nocturnes élevées.

L’importance de ce plan et des mesures de prévention et de gestion qu’il prévoit grandit avec les effets du changement climatique. 

Au niveau des entreprises, divers acteurs œuvrent au respect du plan canicule et des actions qu’il préconise : l’employeur, bien sûr, qui est tenu à une obligation de sécurité à l’égard de ses salariés, mais aussi les organisations professionnelles, qui doivent diffuser les bonnes pratiques applicables dans chaque secteur d’activité, les services de santé au travail, qui doivent veiller à la santé des salariés et informer et accompagner l’employeur dans la mise en œuvre de mesures adaptées à la situation, le comité social et économique (CSE), et la médecine du travail enfin, qui doit informer les employeurs et les salariés, et contrôler la bonne application de mesures nécessaires par les entreprises relevant de son champ d’intervention. 

Concrètement, le plan prévoit 4 échelons de vigilance différents

Niveaux du Plan canicule

Couleur - niveau de vigilance Caractéristiques et impacts
Niveau 1 Veille saisonnière - Vigilance verte

Niveau déclenché systématiquement entre le 1er juin et le 30 août de chaque année. 

À son déclenchement, les employeurs sont tenus de veiller au respect des mesures de prévention légales minimales en matière de sécurité au travail (renouvellement de l’air des locaux fermés, vérification des conditions de température, mise à disposition d’eau fraîche, etc. ).

Niveau 2 Avertissement chaleur - Vigilance jaune

Niveau qui s’enclenche dès lors qu’apparaît : 

  • un pic de chaleur de courte durée (1 ou 2 jours) ;
  • un épisode persistant de chaleur : concrètement, les indicateurs biométrologiques (IBM)* sont proches des seuils d’alerte, avec ou sans intensification de la chaleur sur les jours à venir.

Dans ce cas, les mesures de prévention et d’information au niveau national et local s’intensifient, afin de protéger efficacement la population, notamment celle identifiée comme la plus vulnérable (personnes âgées, isolées, etc.).

Pour les employeurs, cela signifie qu’une permanence au sein des services de prévention et de santé au travail doit être mise en place.

Niveau 3 Canicule - Vigilance orange

Ce niveau traduit une vague de chaleur intense et le dépassement sur 3 jours et 3 nuits consécutifs des seuils des IBM. 

Concrètement, dans un tel cas de figure, toute la population est concernée par la dangerosité de la chaleur : l’ensemble des acteurs concernés par le plan sont mobilisés, et diverses mesures de gestion (et non plus de prévention) doivent être mises en place.

Au niveau des entreprises, une permanence au sein des services de prévention et de santé au travail doit être mise en place.

Les employeurs doivent consulter les éventuelles préconisations publiées par la branche professionnelle dont ils relèvent, et peuvent se rapprocher de la médecine du travail, s’ils doutent de la conduite à suivre en matière de sécurité au travail.

Niveau 4 Canicule extrême - Vigilance rouge

Ce niveau correspond à un épisode de canicule avérée exceptionnel sur différents aspects (durée, intensité, étendue géographique, impacts sanitaires, saturation des hôpitaux, pannes d’électricité, dommages collatéraux, etc.). 

Dans ce cas, des mesures exceptionnelles, adaptées à la situation, doivent être mises en œuvre, et tous les acteurs sont mobilisés à un niveau maximal. 

Au niveau des entreprises, là encore, une permanence au sein des services de prévention et de santé au travail doit être prévue.

Les employeurs doivent réévaluer, de manière quotidienne, les risques encourus par leurs salariés, en vérifiant la température ambiante et son évolution, en appréciant la nature des travaux devant être effectués, notamment si ceux-ci comportent une charge physique, en fonction du lieu dans lequel ils doivent être accomplis. Ils doivent aussi prendre en compte, pour chaque tâche, l’âge et l’état de santé de chacun de leurs salariés.

En fonction de l’évaluation réalisée, les employeurs doivent aménager les postes et la charge de travail, l’organisation du travail et le planning des horaires applicable, tout spécifiquement pour leurs salariés vulnérables (femmes enceintes, salariés en situation de handicap, etc.). Au besoin, il est de leur devoir d’arrêter les travaux en cours, si la santé des salariés est mise en péril.

* Les Indicateurs BioMétéorologiques (IBM) pris en compte sont les moyennes glissantes sur 3 jours consécutifs des températures minimales (IBM min) et maximale (IBM max).

Attention : les préconisations indiquées dans le tableau ne sont pas exhaustives. Chaque employeur doit prendre l’ensemble des mesures adaptées à chaque situation, et se renseigner, au besoin, à un niveau local, sur les bonnes pratiques à adopter. 

Dans tous les cas, le risque “fortes chaleurs” doit être pris en compte dans le cadre de l'élaboration du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP).

Si l’employeur manque à ses obligations en cas de canicule, tout salarié peut, le cas échéant, exercer son droit de retrait.

Les dernières informations de Lorène Bourgain, juriste experte

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La mise à jour du 30 juillet 2024 concerne :

L'activation du plan "canicule" 2024 et l'augmentation des températures partout en France peut poser la question du droit de retrait des salariés les plus impactés par les chaleurs estivales. L'exercice de ce droit, qui peut être mis en œuvre par chaque salarié qui estime que sa santé ou sa sécurité est menacée dans l'immédiat, doit être envisagé avec précaution, puisqu'il peut avoir des répercussions importantes sur la continuité du contrat de travail du salarié en cause en cas d'abus. Faisons le point ensemble sur les informations essentielles !

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La mise à jour du 01 septembre 2023 concerne :

Lorsque vous exercez votre droit de retrait, vous devez également alerter votre employeur des dangers encourus. Il en va de votre obligation, notamment pour assurer la sécurité des autres salariés.

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La mise à jour du 20 octobre 2021 concerne :

En cas d'usage abusif et injustifié du droit de retrait, le salarié s'expose non seulement à une retenue sur salaire, mais aussi à une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement. Attention donc à utiliser le droit de retrait à bon escient.

Ce dossier a été rédigé par notre juriste

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Dossier juridique

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Comment exercer le droit d'alerte ou droit de retrait ?

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur le droit de retrait : conditions, modalités de mise en oeuvre, rémunération, abus... On fait le point !

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4,5/5
  • le 03-08-2017

  • le 21-09-2016

    c,est exatement le dossier que je rechercher

  • le 29-08-2016

    Canicule 42°à l'intérieur de l'auto-école. pas d'eau fraîche à disposition, aucun ventilateur. avec ce dossier mon patron ne peut déduire les journées de mon salaire.

  • le 27-03-2016

    Synthétique et concret

  • le 26-11-2014

    Le contenu répond aux questions qui se posaient.

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