Accueil » Droit de la Famille - Divorce » Divorce & séparation » Conséquences Patrimoniales » Actualités

Article avocat Conséquences Patrimoniales

Le régime de séparation des biens et biens indivis des époux

Par , Avocat - Modifié le 21-10-2019

Le régime de la séparation des biens est un régime matrimonial choisi par les époux par la conclusion d’un contrat de mariage ou d’une convention de Pacs. Rien n’interdit aux époux d’acquérir des biens ensemble, ces biens vont leur appartenir en indivision, leurs droits sont calculés en fonction de leur apport. Or, il arrive parfois qu’un époux disposant des fonds fait un apport plus important que l’autre. Que faire avec cet apport en cas de divorce, l’époux plus aisé ayant financé plus le bien, peut-il récupérer sa mise ?

Dans une affaire, les époux séparés des biens ont acquis à moitié leur logement familial durant le mariage. Dans les faits, l’époux a financé presque la totalité du bien moyennant la vente des biens personnels avant le mariage. Lors du divorce, il réclame à son épouse une créance correspondant à la totalité du prix d’acquisition du logement familial indivis.

Il convient de rappeler que si les époux relèvent du régime de la séparation des biens, chacun doit contribuer aux charges du mariage à proportion de ses moyens.

Aux termes de l’article 214 du code civil « Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives. Si l'un des époux ne remplit pas ses obligations, il peut y être contraint par l'autre dans les formes prévues au code de procédure civile. ».

Ainsi, à défaut de conventions contraires, les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives.

Est-ce que le financement d’un bien familial indivis fait partie d’une contribution aux charges du mariage et est considéré comme une dépense ménagère au même titre que les aliments, les vêtements ou encore les dépenses quotidiennes ?

Les premiers juges estiment que «  le patrimoine de l’époux permettait cette acquisition, sans qu’il y ait lieu de distinguer ses disponibilités en revenus et en capital, la notion de contribution aux charges du mariage pouvant comprendre de façon extensive toute dépense, tout investissement réalisé dans l’intérêt de la famille, et que, dès lors qu’elle n’apparaît pas disproportionnée au regard de ses capacités financières, lesquelles ne se réduisent pas à ses seuls revenus, cette dépense d’investissement à affectation familiale doit être analysée comme une participation à l’exécution de son obligation de contribuer aux charges du mariage ».

La Cour de cassation ne partage pas cet avis et casse et annule l’arrêt rendu en faisant valoir que « sauf convention matrimoniale contraire, l’apport en capital provenant de la vente de biens personnels, effectué par un époux séparé de biens pour financer la part de son conjoint lors de l’acquisition d’un bien indivis affecté à l’usage familial, ne participe pas de l’exécution de son obligation de contribuer aux charges du mariage ». (Cass.1ière chambre civile, 03 octobre 2019, n°18-20.828).

Ainsi, selon la Cour de cassation, l’époux séparé des biens et ayant acquis un bien indivis avec son épouse en y rapportant des fonds propres pour financer le bien indivis, dispose d’une créance envers son épouse et peut en réclamer lors des opérations de partages. Il ne s’agit pas d’une contribution aux charges du mariage, mais d’un capital investi dans le bien familial indivis.

 

Inna SHVEDA Avocat

Source  : https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/premiere_chambre_civile_568/783_03_43686.html

Commenter cet article




Je souhaite être prévenu(e) des nouvelles contributions publiées sur ce sujet

Voir les conditions générales d'utilisation

Ces informations, nécessaires au traitement de votre demande, sont destinées au Juritravail et à la société WENGO SAS. Conformément à la loi relative aux fichiers, à l'informatique et aux libertés, vous bénéficiez d'un droit d'opposition, d'accès et de rectification des informations par mail à info@juritravail.com

Maître Inna Shveda

Maître Inna Shveda

Avocat au Barreau de CLERMONT-FERRAND

  • Droit du Travail Salarié
  • - Droit des Employeurs - Droit Social
  • - Droit Représentant du Personnel : CSE, CE, DP, Syndicat, CHSCT
  • - Droit des Sociétés - Création Entreprise - Cessation Activité
  • - Droit de la Famille - Divorce
  • - Droit de l'Immobilier et de la Construction
  • - Droit des étrangers : en France et à l'étranger
  • - Droit Pénal
  • - Droit de la Consommation
  • - Droit Public
  • - Droit Routier, permis de conduire et automobile
  • - Droit International
  • - Droit de la Santé
  • - Droit Bancaire
  • - Droit des Transports
  • - Procédure Judiciaire
  • - Droit de la Protection Sociale
  • - Accès au droit et à la justice

Me contacter

Publicité

Ne passez pas à coté de l'actualité juridique

Recevez gratuitement notre Newsletter !

Toutes les nouveautés juridiques décryptées par notre équipe de juristes et d'avocats, rédigées en langage simple dans tous les domaines de droits !

Personnalisez votre Newsletter :

Simplicité et transparence avec Juritravail en savoir plus

Nous ne commercialisons pas vos adresses emails à un tiers. Nous conservons vos informations personnelles uniquement pour vous adresser des contenus et services que vous avez demandés et qui vous intéressent. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment depuis les mails que vous allez recevoir.

Votre inscription a bien été prise en compte !

Vous recevrez bientôt des nouvelles de nous par email.

Pour connaitre et exercer vos droits relatifs à l'utilisation de vos données, consultez notre  Charte sur la protection des données personnelles ou contactez-nous à l'adresse suivante : dpo@juritravail.com.



30 000 professionnels MyBestPro disponibles sur :


© 2003 - 2019 JuriTravail tous droits réservés