En l’espèce, M. A... avait demandé au Tribunal Administratif de NICE d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2014 par lequel le Préfet des ALPES MARITIMES avait notamment refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 1501072 du 18 juin 2015, le Tribunal Administratif de NICE avait rejeté sa demande et M.A avait donc saisi la Cour Administrative d’Appel par une requête enregistrée le 21 janvier 2016.

Comme on sait ou pour information,  aux termes de l'Article L. 313-14 du Code de l'Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) :

" La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (...) " ;

En l’espèce, M. A... soutenait qu'il résidait en FRANCE depuis 1974, soit depuis plus de dix ans à la date de son refus de titre de séjour. A l'appui de ses allégations, il produisait un relevé de carrière établi par la caisse d'assurance retraite indiquant qu'il avait cotisé au titre des années 1976 à 1984, la copie d'une carte de résident valable du 10 décembre 1984 au 09 décembre 1994 accompagnée d'une déclaration de perte au commissariat de CANNES effectuée le 07 octobre 1992, des courriers de la Caisse de Retraite du bâtiment d'octobre 2013 et janvier 2014 ainsi qu'un relevé de compte portant sur la période d'avril 2013 à février 2014.

Cependant, la Cour Administrative a pu relever que, M. A... ne produisait aucun élément permettant d'établir sa présence en FRANCE sur la période allant de 1994 à 2012 et que les attestations établies par son banquier ou des commerçants ainsi que par son fils n’étaient pas suffisamment circonstanciées pour établir sa présence en FRANCE durant ces années.

En conséquence et dans ces conditions, les juges ont considéré que M. A... ne justifiait pas résider habituellement en FRANCE depuis plus de dix ans à la date de la décision contestée  et que, par suite, il n'était pas fondé à soutenir que le Préfet aurait entaché sa décision d'un vice de procédure en ne saisissant pas la Commission du titre de séjour.

En outre, ne justifiant donc pas résider de manière habituelle en FRANCE depuis plus de dix ans à la date de la décision contestée, alors même que le requérant avait pu soutenir avoir travaillé en FRANCE, y percevoir une pension de retraite et avoir été durant plusieurs années sans domicile fixe, ces circonstances n’ont pas suffit à constituer des motifs exceptionnels au sens et pour l'application des dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 313-14 du CESEDA.

La Cour a donc considéré que le préfet des ALPES-MARITIMES n'avait pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation du requérant au regard de ces dispositions, en estimant que la requérante ne justifiait pas une régularisation à titre exceptionnel. Bon si effectivement, celle-ci n'était plus en poste, la contestation de son licenciement était en cours, circonstance qui n'a pourtant pas été prise en considération par les juges....


Source: CAA de MARSEILLE, 3ème chambre - formation à 3, 13/10/2016 (N° 16MA00275)

 

Pour me contacter: Me Annabel RIDEAU - 21 Avenue Perrichont - 75016 PARIS - https://www.rideau-cabinet.com/

Standard téléphonique: 07 69 33 63 87 (Appel non surtaxé - coût d'une communication vers un mobile)
Email: [email protected]

À propos de l’auteur

Commenter cet article

Pour commenter cet actualité, veuillez vous connecter.

Votre message a bien été enregistré.
Vous ne pouvez pas ajouter un nouveau commentaire. Un intervalle de 30 minutes est nécessaire entre chaque commentaire pour éviter les spams.

Les informations recueillies sur ce formulaire sont destinées à Juritravail aux fins de traitement de votre demande et la réception d'information juridique par email. Elles font l’objet d’un traitement informatique destiné au service marketing de Juritravail.

Pour connaître et exercer vos droits, notamment de retrait de consentement à l'utilisation de vos Données, veuillez consulter notre Charte de protection des Données Personnelles et nous contacter à l'adresse suivante : [email protected].

loader Juritravail