Le 12 Septembre 2019, Madame le Procureur de la République de MARSEILLE sollicitait l’ouverture d’une information à l’encontre d’un individu dénommé NM :

Pour avoir à MARSEILLE, le 6 septembre 2019, en tout cas sur le territoire national et depuis un temps non ouvert par la prescription, tenté de volontairement donner la mort à Madame Sandra R. avec cette circonstance que les faits ont été commis sur un enseignant ou tout membre des personnels travaillant dans les établissements d’enseignement scolaire. Ladite tentative, manifestée par un comportement d’exécution en l’espèce la violence et la multitude des coups portés, n’ayant été interrompue ou ayant manqué son objet que par une circonstance indépendante de la volonté de son auteur en l’espèce la résistance de la victime.

Le récit de la victime

Entendue par les services de police, Mme Sandra R. déclarait :

« Je suis responsable de restaurant scolaire à la ville de Marseille, j’ai toujours habité dans le même immeuble depuis ma naissance. Mon appartement se trouve juste à côté du groupe scolaire, mon lieu de travail. Je travaille là-bas depuis une dizaine d’années. C’était mon école lorsque j’étais petite.

Ce groupe scolaire regroupe le primaire, la maternelle et le bâtiment où se trouve le service de restauration. Au-dessus de ce bâtiment, il y a trois appartements de fonction dont un est occupé par un agent logé par la ville de Marseille.

Je pars au travail à 06h25 de chez moi pour être à 06h30 à mon poste.

Je referme derrière moi et je m’éclaire avec la torche de mon téléphone. Je m’éclaire comme cela à partir du portail et jusqu’à la porte de la cantine qui se trouve à une cinquantaine de mètres. J’ouvre la porte de la cantine avec ma clé et je laisse cette porte fermée mais non verrouillée pour permettre l’accès des agents et les livraisons.

Ce matin, j’ai pris exactement le même chemin à 06h25 et je suis rentrée dans ma cantine, je suis partie mettre l’éclairage dans la cantine puis je me suis dirigée vers mon bureau pour allumer l’ordinateur. Mon bureau est dans le réfectoire, c’est la même pièce. J’ai eu le temps de déverrouiller un ordinateur en restant debout puis j’ai juste tourné le dos pour allumer ma cafetière. Je tournais le dos à l’entrée, ma face était dirigée vers le mur. En allumant ma cafetière, j’ai fait un quart de tour sur moi-même pour regarder la porte d’entrée car mon personnel arrive à ce moment-là. Et là, j’ai vu un homme de type africain, cheveux noirs dressés sur la tête, torse nu, en boxer noir avec une bande blanche, pieds nus. Il s’est dirigé vers moi affolé en criant d’appeler la police car quelqu’un voulait le tuer. Ces termes exacts sont « Appelle la Police, on veut me tuer ».

Au début, j’ai cru qu’il avait été victime d’une agression car il avait une plaie saignante au niveau de l’épaule gauche. J’ai pris le téléphone portable du travail pour faire le 17. Au moment où je l’ai pris, il s’est rapproché de moi et m’a collé contre la table où se trouvait mon ordinateur, il m’a saisie avec sa main droite et a serré très fort en me disant « qu’est tu fais avec le téléphone ». Il m’a relâchée et je lui ai dit que j’étais en train de composer le 17 comme il me l’avait demandé. Il se tenait juste devant moi. Il est un peu plus grand que moi, je mesure un mètre soixante-huit.

Il avait un regard fou …Il m’a étranglée avec sa main droite et avec sa main gauche, il a récupéré un ciseau que j’avais sur mon bureau et il a commencé à me mettre des coups sur mon flanc droit. J’ai senti 4 coups au niveau de l’abdomen. J’ai réussi à mettre des coups de pied pour me libérer. Je frappais partout où je pouvais avec mes jambes car je sentais que j’allais mourir.

Il m’a relâchée avec sa main droite et j’ai pu m’échapper vers la porte d’entrée de la cantine. Il a réussi à me rattraper et j’ai vu qu’il avait un couteau dans sa main droite. Je crois qu’il avait pris ce couteau dans le réfectoire de la maternelle qui se trouve juste à côté de mon bureau.

Il m’a ceinturée et m’a mis un coup de couteau dans ma cuisse gauche.

Je suis tombée par terre et il m’a rouée de coups de pieds, de coups de poings un peu partout sur le corps et sur ma figure. Il ne m’a pas donné d’autre coups de couteau. J’ai réussi à me relever et j’ai crié « Au secours, au secours ». Là j’ai vu ma collègue Colette qui est entrée. Elle a essayé de s’interposer et j’ai vu qu’il lui portait des coups de poings et de pieds. Là, je n’ai plus vu la scène exactement, mais j’entendais crier ma collègue. Je suis partie en courant et je sais qu’il m’a couru après mais j’ai réussi à m’enfermer dans les toilettes et j’ai fait appel à la police, aux pompiers avec mon téléphone portable. J’étais totalement paniquée et je ne savais pas ce qu’il faisait à Colette. Je n’entendais plus de bruit. Je n’entendais pas Colette. Je pensais qu’elle était morte. J’avais très peu de sortir et au bout d’un moment que j’estimerai à environ une minute, j’ai entendu la concierge qui me cherchait. Elle me demandait ou je me trouvais. Là j’ai ouvert et j’ai vu que j’avais du sang qui coulait de partout. Il m’avait déchiré le tee-shirt. Je me suis dirigée vers le réfectoire. J’ai vu ma mère qui m’avait entendue crier et Colette qui était pleine de sang. Nous nous sommes allongées par terre toutes deux en se prenant dans les bras et en pleurant. Nous avons attendu les pompiers pendant quelques minutes, puis nous avons été prises en charge toutes les deux ».

Accompagnement de la victime de l'agression par le cabinet Vincensini

Comme on peut l’imaginer, les répercussions d’une telle agression ont été extrêmement lourdes.

Le rôle du Cabinet VINCENSINI a été avant tout d’assurer un accompagnement personnel quotidien de la victime, totalement désemparée, pour la guider dans les différentes démarches médicales et judiciaires nécessaires à la préservation de ses droits.

Il a fallu organiser les prises de rendez-vous chez les experts médicaux, prendre attache avec le juge d’instruction, mais aussi rassurer la famille… le but étant de décharger au maximum la victime de ces différentes tâches pour qu’elle puisse se concentrer uniquement sur sa « reconstruction ».

La procédure pénale étant en général très longue dans ce type de dossier (la phase d’instruction dure au minimum 2 ans puis il faut attendre le renvoi devant la cour d’assises pour juger l’auteur des faits), le cabinet VINCENSINI pour ne pas perdre de temps a immédiatement saisi la commission d’indemnisation des victimes d’infractions pénales (CIVIP) pour obtenir l’indemnisation de l’entier préjudice de la victime.

Dans ce dossier, la CIVIP a également déclaré recevable la demande d’indemnisation du mari et des enfants de la cantinière, qui ont subi eux même un préjudice « par ricochet » tenant à l’important stress qu’ils ont subi du fait de l’agression sauvage de leur épouse et mère.