A l’heure de la Ligue du LOL et du cyberharcèlement, le régime de la liberté d’expression du salarié sur les réseaux sociaux s’affine. La Cour de cassation précise ainsi peu à peu sa jurisprudence notamment par une décision du 12 septembre 2018 (Cass. Soc. 12 sept. 2018, n°16-11690).

En l’espèce, une salariée avait fait l’objet d’un licenciement pour faute grave en raison de propos injurieux tenus à l’égard de son employeur dans un groupe Facebook fermé dénommé « Extermination des directrices chieuses » ( ! ).

La cour d’appel de Paris, dont le raisonnement a été confirmé par la Cour de cassation, a considéré que le licenciement notifié était dénué de cause réelle et sérieuse dans la mesure où les propos litigieux avaient été  diffusés à un cercle restreint (14 personnes) et qu’en conséquence, ils avaient un caractère privé.

Il est cependant conseillé la plus grande prudence aux salariés qui souhaiteraient exprimer leur désapprobation sur les réseaux sociaux, notamment au regard de l’ampleur du public atteint par les messages litigieux. En effet, la Cour d’appel de Lyon avait quant à elle considéré que le licenciement d’un salarié ayant tenu des propos injurieux sur un mur Facebook en accès libre était justifié (CA Lyon, 24 mars 2014).

Prudence également, pour l’employeur qui souhaiterait faire usage d’une publication Facebook dans le cadre d’une procédure disciplinaire à l’encontre d’un collaborateur. Il risquerait d’être condamné pour violation de la vie privée si les informations sont extraites d’un compte privé (Cass. Soc. 20 décembre 2017, n°16-19.609).