Dans une décision rendue le 25 septembre 2020, le Tribunal Administratif de Versailles a annulé un arrêté du Préfet de l'Essonne refusant la délivrance d’un renouvellement d’un certificat de résidence d’un an mention «  salarié » ainsi que d’une obligation à quitter le territoire français à une ressortissante algérienne.

La requérante est entrée régulièrement en France le 21 août 2016 avec un visa Schengen de type D portant la mention « étudiant », courant du 20 août 2016 au 18 novembre 2016, afin d’y poursuivre des études supérieures. Elle a obtenu le 13 juin 2018 une autorisation de travail afin de travailler au sein d’une société. Le 8 octobre 2018, elle a obtenu un certificat de résidence algérien portant la mention « salarié », valable du 16 juillet 2018 au 15 juillet 2019. Toutefois, en raison de circonstances internes à cette société, l’entreprise n’a pas été en mesure de lui proposer un emploi.  La ressortissante a signé le 6 mai 2019 un contrat à durée indéterminée avec une autre entreprise. Le 5 juillet 2019, l’employeur a demandé une autorisation de travail afin de conclure un contrat de travail.

Afin de continuer à travailler et à séjourner régulièrement sur le territoire français, la requérante a sollicité le 9 juillet 2019 un renouvellement de son certificat de résidence. Un récépissé de demande de carte de séjour l’autorisant à travailler lui a été délivré, valable jusqu’au 23 mars 2020.

Cependant, le 10 février 2020, un refus de renouvellement de son certificat de résidence en qualité de salarié et une obligation de quitter le territoire français ont été pris à son encontre. Or, la demande de renouvellement du titre de séjour était motivée par la nécessité d’être en situation de régularité afin de pouvoir conclure son contrat de travail. Celle-ci a donc attaqué cette décision par le biais d’un recours en excès de pouvoir.

De fait, le Préfet a motivé son refus aux motifs que la requérante n’avait pas respecté les termes de son autorisation de travail initiale puisqu’elle n’a jamais travaillé pour la première société et qu’elle avait travaillé pour la société suivante sans y avoir été autorisée.

Pour rappel, la situation des Algériens désirant se rendre en France est exclusivement régie par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

L’article 7b de l’accord franco-algérien définit les conditions pour les ressortissants algériens d’obtenir un certificat de résidence d’un an portant mention « salarié » :

« Les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle  médical d’usage et sur présentation d’un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l’emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention « salarié » : cette mention constitue l’autorisation de travail exigée par la législation française ».

Malgré cette disposition, la Préfecture de l'Essonne lui avait refusé la délivrance d’un certificat de résidence d’un an mention « salarié » et avait décidé d’une mesure particulièrement lourde à son égard. La décision mentionnait en effet une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Dans sa décision du 25 septembre 2020, le Tribunal Administratif de Versailles précise que la ressortissante s’est trouvée involontairement privée d’un emploi en raison de circonstances internes à la société en question et qui ne lui étaient donc pas imputables. Ainsi, le Tribunal Administratif a annulé cette décision et condamné le Préfet de l'Essonne à délivrer à la requérante un titre de séjour.

 

Par Me Fayçal Megherbi

avocat au Barreau de Paris

 

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