L'enquête de la Dares publiée en mars 2018 (1) sur l'impact des conditions de travail sur le bien-être psychologique des salariés est sans équivoque : investir dans la santé des collaborateurs et pour une qualité de vie au travail c'est rentable et désormais indispensable ! "Pour un peu plus d'un 1/3 des actifs en emploi, le travail favorise le développement des capacités et du bien-être", mais pour les 2/3 le travail peut être source de mal être engendrant une baisse de la motivation, de l'absentéisme et des accidents du travail. 

Evaluation des risques

Liste des métiers les plus exposés au risque de mal être

Certains métiers exposent les salariés à un risque de mal être plus important que dans d'autres secteurs, sachant que les femmes sont aussi plus nombreuses à être concernées par rapport aux hommes. C'est notamment le cas pour les professions en contact direct avec la clientèle, le social et la santé :

  • hôtesse d'accueil et caissières
  • cuisiniers et personnels de la restauration
  • infirmières et aides-soignantes
  • ouvriers des industries graphiques ou de la métallurgie
  • employés de banques.

Facteurs de travail défavorables au bien être

On trouve dans cette enquête RPS plusieurs facteurs liés au mal être au travail exprimés par 1/3 des actifs, sachant que le cumul d'expositions est fréquent :

  • troubles psychologiques : liés à un management inapproprié, le surface acting (retenue de ses émotions)...
  • conflits éthiques : travail empêché notamment pour les professions de santé
  • insécurité socio-économique : peur de perdre son emploi pour les ouvriers
  • manque de reconnaissance et rapports sociaux au travail compliqués : exposition aux clients
  • manque d'autonomie : travail posté et très normé
  • intensité de travail et contraintes physiques : cadence forte, notamment pour les ouvriers, agents de la restauration et personnel médical.

1 actif / 10souffre au travail

L'étude révèle que 1 actif sur 10 se trouve dans une situation de travail très délétère pour son bien-être psychologique, avec un cumul d'expositions de tous ordres, physiques, organisationnelles et psychosociales.

Prévenir la pénibilité : un devoir plus qu'une obligation

Prévenir et prendre en compte la pénibilité du salarié

Pourquoi investir dans la qualité de vie au travail ?

Savez-vous que les entreprises américaines consacrent en moyenne 2% de leur budget assurance santé à des programmes de santé en entreprise, proposés à près de 80% des salariés. Se conformer à l'Accord national interprofessionnel sur la qualité de vie au travail c'est prévenir :

  • les risques psychosociaux (burn-out, dépression, arrêts maladie...)
  • les troubles musculo-squelettiques et de la pénibilité
  • le manque de conciliation entre vie privée et vie professionnelle
  • les conséquences des accidents de la vie (divorce, décès, maladie...)
  • la santé de vos salariés et managers (activité physique, alimentation, sommeil réparateur...)

... pour gagner (2) :

  • en image de marque et compétences des emplois (talents attirés par l'entreprise)
  • en productivité et présentiel (moins d'absentéisme, d'accident du travail)
  • qualité des produits / services et satisfaction client
  • motivation des équipes
  • créativité et innovation
  • expertise (moins de turn-over).

4 conseils pour améliorer la SQVT

Pour améliorer la santé et la qualité de vie au travail (SQVT), il est recommandé de doter l'entreprise d'outils de contrôle et d'analyse (intégration des risques psychosociaux dans le DUER, lutte contre le harcèlement, évaluation des contraintes au travail, etc.) mais aussi d'adopter une politique de gestion des ressources humaines adaptée :

  1. former les managers aux techniques de management moderne et agile
  2. évaluer les managers sur la qualité de vie de leurs collaborateurs
  3. écouter les besoins des collaborateurs (horaires, rythmes de travail, lutte contre le stress, services...)
  4. accompagner le bien-être des collaborateurs au quotidien (arrêter de fumer, changer les habitudes alimentaires, pratiquer une activité physique douce, bilan de santé, téléconsultation,....).