Le juge des tutelles est seul compétent, y compris après le décès de la personne protégée, pour allouer au mandataire judiciaire à la protection des majeurs une indemnité exceptionnelle au titre des actes requis par la mesure de protection.

Un majeur a été placé sous curatelle renforcée pour une durée de soixante mois, sa fille étant désignée en qualité de curatrice et un mandataire judiciaire à la protection des majeurs, en qualité de curatrice adjointe. Un nouveau jugement rendu l'année suivante a transformé la mesure en tutelle, la fille étant désignée en qualité de tutrice et la mandataire judiciaire en qualité de tutrice adjointe. Celle-ci a alors demandé une indemnité exceptionnelle au titre des diligences accomplies depuis le premier jugement. Le majeur protégé est décédé.

Pour rejeter cette demande, la cour d'appel de Paris a retenu que le juge des tutelles n’était plus compétent en raison du décès du majeur protégé, de sorte qu’il appartenait à la mandataire judiciaire à la protection des majeurs de faire valoir sa créance auprès de la succession et, en cas de litige, auprès de la juridiction de droit commun.

Ce raisonnement est censuré par la Cour de cassation. Dans un arrêt du 15 janvier 2020, elle indique qu’il résulte de la combinaison des articles 419 et 443 du code civil, ensemble l’article L. 221-9 du code de l’organisation judiciaire, que le juge des tutelles est seul compétent pour allouer au mandataire judiciaire à la protection des majeurs une indemnité exceptionnelle au titre des actes requis par la mesure de protection et impliquant des diligences particulièrement longues ou complexes. Cette compétence ne s’éteint pas au décès de la personne protégée.