1. La mise en place de mesures de prévention

En matière de harcèlement, le secret réside dans la formation et la sensibilisation des managers et des chefs d'équipes chargés de la responsabilité de moraliser les comportements sur le terrain, le service, l'atelier, etc… Ceux-ci doivent montrer l'exemple et préconiser les bonnes pratiques à adopter sur le plan des compétences, mais aussi sur le plan comportemental.

Le règlement intérieur doit être clair sur ce point et mentionner l'interdiction de ces faits (1) ceci doit aussi faire l'objet d'un visuel dans les locaux de l'entreprise.

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2. Collaborez avec le CHSCT et la médecine du travail

L'efficacité en matière de lutte contre le harcèlement est corrélée à votre capacité à établir un maillage entre les acteurs compétents dans ce domaine. Les délégués du personnel ou les membres du CHSCT peuvent vous donner d'utiles compléments d'information et vous aide à établir un contact avec les sujets concernés dans le cadre d'enquête. Ils disposent aussi d'un droit d'alerte (2). Ils doivent sentir votre volonté d'assainir les choses. Le médecin du travail est un acteur clé, sollicitez-le pour obtenir d'utiles préconisations.

3. Ne rompez pas le dialogue pour mesurer régulièrement la température : des entretiens ?

Un malaise, une altercation, un arrêt de travail ne négligez pas ces signaux qui peuvent être de bons révélateurs d'un problème plus profond…

Des entretiens réguliers pour faire le point avec vos collaborateurs prennent tout leur sens dans le cadre d'une démarche de prévention.

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4. Contrôler l'organisation de l'activité

Parfois, l'organisation de l'activité elle-même est le générateur du risque de harcèlement. Comment ça ? Et bien, en mettant un salarié à une place où il ne sent pas bien…  De mauvais résultats d'un salarié, la fatigue, le stress, ou la panique peuvent aboutir à des dysfonctionnements dans les relations et se traduire par une agressivité. L'organisation doit respecter les natures de chacun (3).

De même, gardez un œil, sur la composition de vos équipes et sur les plannings. Ne favorisez pas le contact sans surveillance de 2 collaborateurs à risques (lors de réunions hebdomadaires, par exemple).

5. Identifiez les salariés à risques et renforcer les mesures de soutien : méthode "0 risque"

Vos salariés ne sont pas tous dans une situation identique. Si certains sont plus exposés à un risque de devenir harcelé ou harceleur que d'autres, vous devez affiner votre analyse, pour avoir un temps d'avance.

Une bonne lecture des relations sociales et des interactions entre vos collaborateurs va vous permettre de désamorcer des situations qui peuvent s'envenimer. 2 collaborateurs ont une relation dont vous suspectez la nature, prenez les devants, réaménager l'organisation du travail pour éviter les frictions ou les situations équivoques.

6. Mise en place de questionnaires anonymes

Les révélations et les confidences sont plus faciles à réaliser dans l'anonymat. Vous avez plus de chance d'obtenir des informations sincères en faisant sauter le verrou de l'inquiétude sur les répercussions d'une dénonciation, ou sur l'aveu d'un mal être si l'anonymat est garanti. En ayant le sentiment du collectif de travail, vous connaîtrez le degré d'urgence à réagir pour mettre en place des correctifs. Ne loupez pas cette occasion !

7. Testez les connaissances de vos collaborateurs

Le harcèlement n'est pas forcément de votre fait, n'oubliez pas que vous pouvez être inquiétez pour le harcèlement commis sous le toit de votre entreprise, puisque la loi, le juge considère que vous seul disposez du pouvoir d'éviter la survenance du harcèlement moral vous avez une réelle responsabilité. Alors pourquoi ne pas partager votre science avec ceux qui peuvent, par leur comportement même involontaire nuire à la santé de leur collègue, et par extension à celle de l'entreprise ? Vérifiez qu'ils identifient le danger. Le harcèlement peut intervenir à tout niveau.

8. Donnez du sens au travail des collaborateurs : travaillez sur la qualité de la communication

Une communication informelle, confuse doit absolument être bannie. Ce qui est clair dans votre esprit ne l'est pas automatiquement pour le destinataire de l'information. Prenez le temps de donner les consignes, recueillez les demandes d'explication avec patience et écoute attentive.

Une absence de dialogue caractérisée par une communication par l'intermédiaire d'un tableau constitue un élément participant à la reconnaissance du harcèlement moral (4).

9. Recourez à la médiation en matière de harcèlement moral

La détection d'un risque de harcèlement moral ou du harcèlement sexuel doit être précoce. Plus la situation est prise en amont plus les chances de dégâts sont minimisées. La médiation est une procédure qui consiste à désigner un tiers afin de favoriser le règlement amiable d'un conflit par les parties elles-mêmes (5), laquelle peut aboutir à un départ amiable négocié (transaction, préavis non effectué, indemnités de départ ...).

10. Utilisez les moyens de surveillance à votre disposition

Vous disposez d'un droit de regard sur les correspondances professionnelles (courriel, plan d'action, grille d'objectif-qualité ...), utilisez-le pour vous renseigner. C'est ainsi que vous pourrez comprendre la nature des rapports entre les uns et les autres et mettre fin à un éventuel harcèlement.