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L'article vous présente le dispositif tel qu'il était à sa création en novembre 2019. Pour connaître tous les détails 2021 de ce dispositif, consultez notre article à jour : Projet d'entreprise & chômage : la marche à suivre pour lancer votre projet sereinement

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Projet de reconversion professionnelle & chômage : quelles conditions ?

La dernière réforme de l'assurance chômage 2019 (1) prévoit la possibilité, pour les salariés qui démissionnent pour poursuivre un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou un projet de création ou de reprise d'une entreprise, de bénéficier du chômage.

5 ansd'ancienneté dans la même entreprise

Les salariés démissionnaires devront remplir plusieurs conditions :

  • leur projet professionnel devra présenter un caractère réel et sérieux, attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) (2) ;
  • justifier d'une durée d'affiliation spécifique équivalant à au moins 1.300 jours travaillés au cours des 60 mois (soit 5 ans d'ancienneté dans la même entreprise) qui précèdent la fin du contrat de travail (terme du préavis) (3).

Les démarches à suivre

Vous souhaitez démissionner pour suivre un projet professionnel ? Avant de poser votre démission, suivez scrupuleusement la démarche suivante !

Pour toucher l'allocation chômage, vous devrez avant de démissionner, demander un conseil en évolution professionnelle (CEP) (4).

Le CEP, mis gratuitement à votre disposition, devra être demandé auprès des institutions, organismes ou opérateurs suivants :

  • organismes de placement spécialisés (OPS) dit aussi "Cap emploi" : ils sont en charge de la préparation, de l'accompagnement, du suivi durable et du maintien dans l'emploi des personnes handicapées ;
  • association pour l'emploi des cadres (APEC) ;
  • opérateurs sélectionnés dans chaque région par appel d'offres lancés d'ici fin 2019 par France compétence.
L'opérateur du conseil en évolution professionnelle est chargé d'accompagner la personne dans la formalisation et la mise en oeuvre de ses projets d'évolution professionnelle, en lien avec les besoins économiques et sociaux existants et prévisibles dans les territoires. Il facilite l'accès à la formation, en identifiant les compétences de la personne, les qualifications et les formations répondant aux besoins qu'elle exprime ainsi que les financements disponibles (5).

L'accompagnement dont vous bénéficierez au titre du CEP aura pour objectif de vous permettre d'établir votre projet de reconversion professionnelle.

Une fois votre projet défini, vous devrez alors adresser à la CPIR, une demande d'attestation du caractère réel et sérieux de votre projet professionnel, par tout moyen conférant date certaine à sa réception. Cette demande devra être adressée à la CPIR agréée dans la région de votre lieu de résidence principale ou de votre lieu de travail (6).

À retenir :

La demande d'attestation du caractère réel et sérieux sera recevable dès lors que le salarié n'a pas démissionné de son emploi préalablement à la demande de conseil en évolution professionnelle.

 La CPIR procédera à l'examen de votre dossier et se prononcera sur le caractère réel et sérieux de votre projet professionnel.

Elle vous notifiera sa décision par tout moyen donnant date certaine à la réception de cette notification (7) :

  • en cas d'attestation par la CPIR du caractère réel et sérieux de votre projet professionnel, vous disposerez d'un délai de 6 mois à compter de la notification de la décision pour déposer une demande d'allocation chômage auprès de Pôle emploi ;
  • en cas de refus d'attester du caractère réel et sérieux de votre projet, vous aurez la possibilité d'exercer un recours gracieux contre cette décision, dans un délai de 2 mois à compter de sa notification.

Pôle emploi contrôlera que vous avez bien accompli les démarches en vue de la mise en oeuvre de votre projet professionnel au plus tard à l'issue d'une période de 6 mois suivant l'ouverture du droit à l'allocation d'assurance (8).

En cas de manquement, votre revenu sera supprimé par Pôle emploi pour une durée de 4 mois consécutifs (9).

Quel délai pour toucher le chômage ?

Depuis le 1er novembre 2019, les salariés qui démissionnent pour poursuivre un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou un projet de création ou de reprise d'une entreprise, peuvent avoir droit à l'allocation d'assurance chômage.

Depuis le 1er novembre 2019droit au chômage pour les salariés démissionnaires

Toutefois, dans l'objectif de mieux informer et accompagner les actifs, le conseil en évolution professionnelle sera renforcé en début d'année 2020.

Bon savoir :

De nouveaux opérateurs sélectionnés dans chaque région par appel d'offres pour assurer le conseil en évolution professionnelle, seront déployés sur le territoire mais seulement à compter du 1er janvier 2020.

Ainsi, il semble qu'entre le 1er novembre 2019 et le 1er janvier 2020, seuls Cap emploi et l'APEC puissent être saisis au titre d'un CEP.

Le travailleur salarié demande, préalablement à sa démission, un conseil en évolution professionnelle auprès des institutions, organismes ou opérateurs mentionnés à l'article L6111-6, à l'exception de Pôle emploi et des organismes mentionnés à l'article L5314-1.

En effet, si d'ordinaire, le CEP peut être assuré par Pôle emploi, les missions locales, les Cap emploi et l'APEC, la Loi Avenir professionnel semble avoir exclu Pôle emploi et les missions locales de la liste des opérateurs chargés de réaliser le conseil en évolution professionnelle des salariés qui démissionnent pour suivre une reconversion professionnelle.

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