Mes plus fidèles lecteurs savent que je fais partie de ceux qui aiment l'humour de Guillon. Alors aujourd'hui une information relative au droit du travail le concernant. Comme quoi on peut joindre l'utile à l'agréable...

Le 23 juin 2010, le patron de Radio France Jean-Luc Hees avait annoncé le licenciement de Stéphane Guillon dans une interview accordée au Monde. Guillon intervenait à 7h55 dans la matinale de France Inter, en alternance avec Didier Porte, lui aussi congédié par la station. ' Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi ', estimait alors Jean-Luc Hees. ' Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner.

J'ai un certain sens de l'honneur et je ne peux accepter que l'on me crache dessus en direct. ' Estimant avoir été injustement licencié, Guillon avait alors saisi la justice pour faire valoir ses droits. Radio France a été condamné vendredi par le Conseil de prud'hommes de Paris pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ( selon une information du Monde.fr cf note 1).

Ainsi son ex-employeur va devoir lui verser 212 011,55 euros ( dont 150.000 euros de dommages-intérêts pour licenciement injustifié 'cf note 2', 41.981,70 euros d'indemnité de licenciement,11.581,16 euros au titre du préavis, 5.790,58 euros d'indemnité de requalification ' cf note 3' et 1.158,11 euros d'indemnité compensatrice de congés payés). Je note que les conseillers lui ont octroyé 1.500 euros au titre de l'article 700 du CPC (remboursement des frais d'avocat).

Aussi je lance un appel à Messieurs les Conseillers du Conseil de prud'hommes de Bordeaux qui en moyenne condamne l'employeur à la modique somme de 800 euros, montant nettement inférieur aux frais réellement engagés par le salarié... ' En tant que salarié foutu dehors, je suis ravi de cette décision judiciaire.

En tant que contribuable, je suis scandalisé qu'une société d'état ait préféré perdre autant d'argent et d'auditeurs pour faire taire un humoriste ', a réagi Stéphane Guillon vendredi après-midi, cité par Europe 1.fr. Je suppose que Radio France va interjeter appel de ce jugement, ne serait-ce que pour réduire le quantum des dommages-intérêts.

Note 1: Il semblerait que Radio France n'ait pas invoqué à l'encontre de Guillon une faute grave, seule faute susceptible de justifier la rupture d'un CDD. Grossière et pour le moins curieuse erreur juridique, sans parler de la succession des CDD...

Note 2: Les dommages-intérêts semblent correspondre à 2 ans de salaire, ce qui est pour le moins élevé au regard d'une ancienneté de 7 années.

Note 3: Guillon était employé sous contrats à durée déterminée (CDD) depuis avril 2003. Ils ont été requalifiés en contrat à durée indéterminée (CDI).

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