Les bons résultats d'une entreprise sont-ils le gage de la qualité de vie au travail ? Lorsque le mal-être prend de la place en entreprise, il entraîne avec lui :

  • une dégradation de la santé du salarié : absentéisme, burn-out, arrêt maladie, démission (1)...
  • la baisse des résultats, de la qualié et de la productivité pour l'entreprise.

Les psychologues du travail intervenant dans des entreprises dans le cadre de la lutte contre les risques psycho-sociaux et chargés d'accompagner la mise en place de nouvelles organisations du travail, ont fait un constat clair. Suite à l'introduction de nouveaux modes d'organisation dans une entreprise, les dirigeants déplorent une augmentation des problèmes de production et de la défectuosité des produits. Cela engendre par la suite un accroissement des retours des produits et une baisse de la satisfaction client. Dès 2013, il ressort d'une étude (2) menée par les psychologues du travail, qu'une partie des salariés sont sujet à un stress plus élevé au moment de l'introduction de ces nouvelles méthodes, ce qui compromettait leur efficacité.

Prévenir plutôt qu'agir trop tard !

Prévenir les risques psychosociaux dans l'entreprise

La question de l'impact qualitatif des exigences croissantes de l'entreprise sur l'ensemble des salariés doit se poser avec force en interne. Selon les psychologues, l'humain est une ressource, un capital et ne pas se préoccuper des incidences de l'introduction de nouvelles méthodes de travail sur son bien-être et sa santé revient à dénier toute la valeur du travailleur et à compromettre toute l'efficacité des orientations stratégiques choisies par l'entreprise.

Par ailleurs, de nombreuses études scientifiques démontrent un lien fort entre la santé du personnel et l'efficacité de l'entreprise. Il convient donc d'associer le bien être au travail aux choix stratégiques menés par l'entreprise en vue de mettre en place une efficacité durable dans le cadre d'une relation "gagnant-gagnant" :

  • productivité, cadences de travail
  • motivation et créativité
  • travail en équipe, collaboratif
  • soucis de tenir les délais, de la qualité du service ou/et du produit, de la satisfaction client
  • ambiance de travail agréable et détendue
  • conciliation vie privée et vie professionnelle
  • ancienneté allongée, moins de turn-over
  • ...

87% des salariésvoient les effets positifs de la QVT

Plus de 8 salariés 10 affirment qu'une bonne qualité de vie au travail profite à la fois aux salariés et aux entreprises.

Selon une étude Warren Bennis de 2004, "le leadership ne représente que 15% du succès d'une organisation, 85% du succès repose sur le travail des personnes qui, chaque jour, travaillent au sein des organisations". En effet, le bien être et l'efficacité d'une entreprise sont une combinaison gagnante pour les employés et la structure elle même. Favoriser la qualité de vie au travail ne tient pas seulement en la mise en place de mesures d'écoute et d'aide aux employés, il convient en sus de mettre en oeuvre des pratiques managériales favorisant une bonne santé des personnes.

Des questions simples peuvent aider les employeurs à évaluer la QVT dans leur entreprise :

  • les managers sont-ils évalués sur la qualité de vie au travail de leurs équipes ?
  • les managers intègrent-ils les préoccupations du bien-être des personnes dans leur management quotidien ?
  • la direction reconnaît-elle qu'il existe une relation entre le bien-être des employés et l'efficacité de l'organisation ?
  • la direction est-elle prête à s'impliquer activement et à intégrer le bien-être dans ses critères de décision ?

En interne, les outils prioritaires de contrôle doivent être : l'intégration des risques psychosociaux dans le document unique d'évaluation des risques, une bonne communication sur législation sur les différents types de harcèlement, et le respect de l'obligation de résultat et de prévention pesant sur l'employeur. Dans certaines entreprise on voit se développer des chargés d'hygiène, santé environnement (HSE) qui conseillent et assistent la direction dans des démarches visant à évaluer les risques et les contraintes au travail.

4.000 EURpour manquement au devoir de prévention

Sachez que la Cour de cassation en décembre 2017 considère que l'employeur manque à son obligation de prévention des risques professionnels à l'égard de l'ensemble des salariés de l'entreprise, lorsque ces derniers sont "confrontés à des situations de souffrance au travail et à une grave dégradation de leurs conditions de travail induites par un mode de management par la peur" ayant entraîné, dans l'entreprise en cause, une vague de démissions notamment de la part des salariés les plus anciens. Outre des sanctions pénales, l'entreprise a notamment été condamnée à payer jusqu'à 4.000 euros de dommages et intérêts pour manquement à son obligation de prévention des risques psycho-sociaux